


UNE
SOIRÉE ENTRE POTES
Le mérite d'avoir réunis des personnalités
comme John Carpenter, Stuart Gordon et Takashi Miike sous le même pavillon noir
revient à Mick Garris, inséparable illustrateur de Stephen King qu'il gratifie
au cinéma de LA NUIT DÉCHIRÉE et à la télévision d'un nouveau SHINING et du FLÉAU.
Un beau jour, Mick Garris parvient à
réaliser non pas un film, mais un rêve : réunir autour de la même table pour un
bon dîner entre potes le gotha des cinéastes de la peur. Aucune arrière-pensée
dans l'initiative : seulement l'envie de passer un bon moment entre gens de
bonne compagnie. Tandis que verres, assiettes et fourchettes tintent, à la table
d'à côté, des clients fêtent un anniversaire selon le rituel américain du gâteau
offert par le restaurant et le « happy birthday » entonné alors que les lumières
s'éteignent. D'un coup, l'un des artistes, Guillermo Del Toro (HELLBOY,
L'ÉCHINE DU DIABLE) se lève et, non sans un certain panache, lève son
verre. « Les maîtres de l'horreur vous souhaitent un bon anniversaire ! »
lance-t-il spontanément. Hilarité générale. S'il rigole aussi de bon cœur, Mick
Garris n'en commence pas moins à réfléchir. « Masters of horror, Les maîtres de
l'horreur… Quelle bonne idée… ». Idée qui fait son chemin. Il ne lui faut pas
longtemps pour jeter les bases de la future anthologie où le chiffre de treize
épisodes s'impose de lui-même. Comme les réalisateurs d'ailleurs, dont la
plupart répondent « présent » à l'appel. Ceux qui, pour principalement des
questions d'emploi du temps, ne le peuvent promettent de revenir en deuxième
saison.
Si les grands de la terreur se précipitent sur MASTERS OF
HORROR, ce n'est pas tant pour honorer une invitation de l'ami Mick Garris
que pour pouvoir faire exactement ce qu'ils désirent, sans contrainte aucune
dans le cadre pourtant très contraignant de la production
américaine.
CARTE
BLANCHE
« La série repose sur le principe de la totale
liberté » explique Mick Garris. “Elle donne à chacun une autonomie optimale.
Aucune censure dans MASTERS OF HORROR. Le politiquement incorrect y est
même fortement recommandé.
Nous sommes là pour divertir un public adulte, pas
pour participer à l'éducation de la jeunesse.”
« En clair, MASTERS OF
HORROR revendique haut et fort ce que la télévision réprime le plus souvent
aux Etats-Unis. Il était essentiel à nos yeux que chacun puisse s'exprimer selon
sa sensibilité. Que l'épisode de John Carpenter ne ressemble pas à celui de
Dario Argento ». De la métaphore politique de Joe Dante à la science-fiction
nihiliste de Tobe Hooper en passant par la love-story maladive de Dario Argento,
le burlesque stoïque de John Landis et le pessimisme grinçant de John Carpenter, MASTERS OF HORROR plaide non seulement en faveur du droit à l'horreur,
mais également en faveur de l'expression la plus libre possible.
« Je
tiens également à préciser » termine Mick Garris, « que chaque épisode de MASTERS OF HORROR se déroule sur une heure. Une durée supérieure à celle
des séries TV traditionnelles ; elle donne le temps aux réalisateurs et
scénaristes de développer une histoire, des personnages, comme le fond les films
pour le cinéma. »

