Le parcours, pour un artiste est souvent long et semé d'embuches. Pour certains, la persevérance est un atout de taille! Inter-Activities vous propose aujourd'hui de découvrir le projet d'une jeune photographe aux ambitions affirmées. Vous pourrez découvrir en exclusivité quelques un de ses clichés, ainsi que son projet très innovant que nous souhaitons soutenir, ses motivations, les dates des prochaines expositions, et quelques commentaires et analyses de la photographe elle même, Loetitia MANENT. Tous nos voeux de réussite pour cette année 2009!
Pouvez-vous vous présenter : origines, âge, personnalité.
Je m’appelle Loetitia MANENT, j’ai 33 ans, je suis quelqu’un de réservé mais assez sociable, très exigeant avec moi-même et mon entourage, pointilleux, rêveur…
Quel est votre parcours : passions, formations, expériences (expos…)
Je suis totalement autodidacte dans le domaine photographique. Je photographie « à l’aveuglette » et je refuse de suivre toute formation, je souhaite que ma recherche artistique reste encrée dans la sphère de « l’à peu près », de l’inconnu du résultat final. Je recherche la photo non conventionnelle qui révoltera tous les puristes de l’art photographique. Je souhaite au contraire ne pas atteindre la perfection de l’image du réel mais je tends à exprimer une certaine vision du réel. Il s’agit en fait d’une traduction du réel avec mon ressenti et mon objectif d’appareil photo accessoirement. J’ai exposé à deux reprises dans de tous petits lieux locaux : Espace des Carrières (Les Taillades), Les cinq sens (Cavaillon). En mars 2009, j’expose au restaurant Babouchka (Coustellet).
Quel matériel utilisez-vous?
Mes photos sont toutes argentiques noir et blanc. Elles sont prises avec un appareil photo obsolète que je me suis offert il y a déjà 6 ans. (Marque Canon EOS)
Faites-vous, vous même le tirage de vos photos?
Non pour plusieurs raisons :
Déjà parce que je ne possède pas la place chez moi pour m’adonner à moi-même mes tirages mais aussi parce que les produits sont très, très coûteux et je n’ai pas encore été formée sur cette science ; chose que je m’empresserai de faire lorsqu’en j’en aurai les moyen car c’est un autre de mes rêves de pouvoir développer mes photos sans l’aide d’un photographe professionnel.
Vous travaillez exclusivement en noir et blanc. Pourquoi ?
Oui exclusivement, le noir et blanc fait émerger des émotions paradoxales…

Pouvez vous nous expliquer ce que vous entendez par "émotions paradoxales", en prenant éventuellement exemple sur une de vos photos que vous "expliqueriez?"
Lorsque je prends un sujet en photo, je suis à cent lieux de la recherche esthétique, cela signifie que mon objectif n’est pas de saisir la beauté des choses purement et simplement mais de photographier un angle insolite, saugrenu, désuet de l’objet pour retranscrire la surprise que j’ai ressenti avant de photographier. Je souhaite mettre en relief l’aspect méconnu des choses, rendre quelque chose de familier surprenant parce que vu sous un autre angle, je souhaite interpeler, accrocher le regard, pousser à l’analyse et à l’auto-identification. D’où les émotions contradictoires ou paradoxales. Je souhaite également rester proche de celui qui regarde dans le sens où l’émotion dégagée par la photo pourra le renvoyer à des images personnelles émergeant de son enfance, du moins à sa vie propre.
Par exemple : la photo du portail ne se veut pas une simple photo de portail mais une mise en scène ou une mise en mouvement (presque un retour à la vie) d’une chose, d’un objet habituellement inerte. Et en le voyant la première fois, j’ai eu moi-même un flash instantané me renvoyant aux contes imaginaires relus maintes et maintes fois tels « Alice au pays des merveilles », ce portail avait pris vie, il devenait à la fois menaçant et attachant…paradoxalement.
Ce qui prime dans ma recherche c’est tout sauf la perfection technique, pour privilégier l’émotivité. Je suis une amoureuse du flou, de la photo « presque ratée » car ELLE, elle est unique, une photo réussi ressemblera toujours à quelque chose de déjà fait ou vu.
Quel papier utilisez-vous, mat ou brillant?
Brillant pour le moment. Pourquoi ne pas m’orienter vers le mat lorsque les sujets s’y prêteront.
Quels sont les formats de vos tirages
Format 20x30 cm
Vous cherchez à publier vos photos dans un livre sur la Provence. Sur quelle zone géographique intervenez-vous ?
Au niveau national et/ou local.
Que cherchez-vous à faire passer au travers de ces photos ? Sensations, émotions ?
Je cherche à attirer l’attention sur des détails, des angles incongrus, des sujets insolites dans le but d’interpeler, de susciter une émotion, bonne ou mauvaise, positive ou négative, une émotion quelle qu’elle soit.
Vous parlez d'émotions négatives, mauvaises pouvez-vous illustrer vos propos en commentant certaines de ces photos?
Les émotions négatives dont je parle concerne des photos de détails qui à priori ne représentent pas d’intérêt, au prime abord, parce que sombre, triste mais en s’attardant on peut se rendre compte qu’elle ont-elles aussi un message à délivrer, des histoires à raconter, une tranche de vie à étaler. Je pense à certains clichés de façades de vieilles demeures, lourdes de passé à la fois mélancoliques, morbides mais intéressant tout de même.
Quel public, quelle clientèle visez-vous ?
Pour mon projet d’ouvrage semi photographique « Sieste Provençale », je cible un public touristique ou amoureux de la Provence. Je leur propose un « livre objet » qu’ils pourraient s’approprier en l’enrichissant de notes personnelles (relatives à leurs propres souvenirs de vacances). Chaque livre serait donc unique et interactif. D’où sa modernité.
Depuis quand ce projet est en cours?
Cette idée est née dans mon esprit cet été et a vu le jour fin août 2008.
A quelles difficultés vous heurtez-vous actuellement ?
Actuellement je rencontre les difficultés classiques que peut rencontrer toute personne « inconnue » du grand public tentant de faire éditer son projet « littéraire ». Les grandes maisons d’édition ne répondent pas aux propositions de manuscrits (ou rares sont celles qui répondent); les maisons d’édition locales dont la ligne éditoriale pourrait correspondre à mon projet mettent en avant, dans leurs réponses négatives, le contexte économique actuel peu propice aux ventes littéraires…

Inter-activities vous propose d’argumenter votre demande. Pouvez-vous expliquer en quoi et pourquoi votre projet mérite d’aboutir ?
Photographe amatrice de 33 ans, je suis une modeste secrétaire de Mairie (des Taillades depuis novembre 2005), avec des projets artistiques plein la tête. J'attends d'avoir la chance de voir mon travail se concrétiser. Je suis certaine qu'un tel ouvrage saura trouver sans aucun doute son public parmi les touristes qui sillonnent la région PACA ou le grand sud. Je vois déjà comment pourrait se matérialiser mon ouvrage : je le pense en format A5, reliure spirale, ressemblant à un carnet de notes, pratique à utiliser et à emporter partout.
Il saura allier à la fois souvenir local pour les touristes et ouvrage sur la Provence interactif puisque personnalisable (avec la mise par écrit des moments forts des vacances de chacun). Pas deux ouvrages n’auront leur pareil.
Tel un appareil photo ou un caméscope, il permettrait aux touristes (ou autres public) de rentrer chez eux avec un souvenir qu'il se serait approprié, riche non seulement d’images, mais aussi d’émotions, d’odeurs, de noms, d’anecdotes, de moments de vie. Je le vois comme un réel outil mais non technologique. Je crois en ce projet de tout mon cœur, de toute mon âme, tant que je n’aurai pas atteint mon but je ne lâcherai pas prise.
Vivez-vous de vos photos ou occupez-vous un autre emploi ?
Non je ne vis pas de mes photos (ce n’est pas mon but, je recherche dans premier temps le plaisir). Je suis secrétaire de Mairie depuis novembre 2005(Adjoint Administratif Première Classe de la fonction publique territoriale plus précisément).
Vendez-vous vos reproductions?
Oui, à la sauvette car je n’ai rien fait pour. Donc j’ai vendu quelques photos au hasard des rencontres à des personnes qui se manifestaient. Mais je ne me suis pas encore organisée dans cette voix-là. Bien entendu je suis tout à fait ouverte à la vente et je me ferais même une joie de les vendre non pas pour l’aspect pécunier de la chose mais par plaisir de constater que ce qui a pu m’émouvoir peut en émouvoir d’autres.
Interview publiée et réalisée par Christine BLANC - Tous droits réservés.
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