Olivier
SAIVE est né à Rocourt (Liège-Belgique) le 31 août
1963. Il fait ses humanités anciennes en section
latin-sciences en1982 au Collège Saint-Louis,
Liège. Après une semaine de cours, il se lance dans
la grande aventure de la bande dessinée. C'est
après son service militaire en 1985 dans
l’artillerie qu'il sort en 1984 son premier album.
Nous avons rencontré Olivier
SAIVE à l'occasion du Festival de la BD à
Roquebrune en 2007. Et parmi ses amis présents, le
trio de grands talents: Fabrizio Borrini, peintre
et dessinateur , Eric Maltaite et Stephan Colman
qui l'ont aidé dans le métier de dessinateur de BD.
Olivier pour vous, le
dessin, c'est inné ?
Le dessin, en tant
qu'idéal et moyen de communiquer, oui... Mais la
technique du dessin, c'est de l'entraînement...
comme un sportif !
Comment êtes vous venu à la
BD ? A quel
âge avez-vous commencé à dessiner et quel âge
avez-vous aujourd'hui ? Y a-t-il un âge minimum ou
maximum pour se mettre à dessiner ?
Lorsque j'avais 3 ou
4 ans, je dessinais des personnages avec des bulles
et des zig-zags qui étaient censés représenter du
texte. Disons que c'était déjà de la BD. Mais je
suis devenu pro le jour où mon premier album est
sorti. J'avais 20 ans. J'ai maintenant 44 ans. Et
je pense que l'important n'est pas l'âge mais la
qualité du travail. Je n'ai pas dit qu'il fallait
être un virtuose du crayon pour faire ce métier.
L'important, c'est de faire passer le message qu'on
veut. On raconte une histoire et on doit être
compris et intéresser les lecteurs visés. Si on se
met tard à la BD, on a sans doute moins le temps de
devenir un virtuose du dessin, mais on a une
expérience qui, souvent, compense. Bref, l'âge on
s'en fiche, l'important, c'est ce qu'on raconte.
Que
représentent pour vous des Festivals comme celui de
Roquebrune sur Argens ?
Une occasion de sortir
de chez soi, de voir des copains, rencontrer un
public et faire la fête... si possible au soleil.
Comment avez-vous rencontré
Stéphane Colman ?
Que vous a t'il apporté du point de vue
professionnel.
Comme moi, il habite
à Liège. J'ai rencontré Stéphan, en même temps que
le groupe de jeunes dessinateurs qu'il formait avec
Eric Maltaite (le fils de Will), et Fabrizio
Borrini, qui me les a présentés. Stéphan était un
peu le meneur de la bande. Son charisme et la
qualité de son travail m'ont certainement attirés
vers la flamme de la BD. J'ai bien profité de ses
conseils au début. Depuis, on partage nos
expériences et c'est super.
Quel auteur/artiste vous a
le plus apporté au niveau personnel, et
professionnel? Franquin, même si je ne l'ai pas beaucoup
rencontré, c'est vraiment lui qui a marqué ma vie
et qui m'a donné l'envie de faire ce métier.

Comment définiriez-vous
votre style? Ecole de Marcinelle, franco-belge, humoristique
classique... gros nez !
Qu'est ce que cela vous fait
de le retrouver à Roquebrune, quelle sont vos
relations aujourd'hui avec Monsieur Colman ou les
autres artistes présents?
Cette question
trouve sa réponse plus haut... car Stéphan est
devenu, depuis mes débuts, un de mes grands amis.
Je suis toujours ravi de partager des moments avec
eux. A Roquebrune, vu que c'est le président du
festival qui invite ses potes, et vu qu'un autre de
mes grands amis est justement Luc (Batem), nous
nous sommes retrouvés entre amis. Et on a bien
rigolé, comme toujours. Même nos femmes s'entendent
à merveille.
La plupart des
dessinateurs ont un surnom, pourquoi pas vous?
Pourquoi faire ? Ce
sont des modes... Ou alors, vraiment, quand on a un
nom difficile à retenir ou à écrire... Moi, ça va.

Avril 2007 Sortie
des "Foot Maniacs" tome 5 chez Bamboo
Pub, dessins animés, BD,
ordinateurs? Pouvez vous nous parlez de votre
parcours, de vos outils et méthodes de travail ?
Je communique par le dessin d'humour. La première
fois que quelqu'un est venu me demander de faire un
dessin animé, j'ai accepté ça comme un challenge
technique, mais pas comme un travail tout à fait
différent. Dans ma carrière, j'ai touché à toutes
les déclinaisons qui découlent de la création d'un
univers imaginaire : la BD avec son scénario, le
dessin animé, la publicité et les produits dérivés.
Question technique, j'ai également essayé un peu de
tout... encrage sur papier, gouache, aquarelle, ...
et maintenant j'ai une palette graphique écran sur
laquelle je dessine directement. En fait, je crois
que j'aime savoir de quoi on parle dans le domaine
qui est le mien. Et ça m'amuse beaucoup. C'est mon
côté gadget. Donc je n'ai pas vraiment de méthode
de travail fixe puisque je m'adapte au matériel et
à ce qu'on me demande.
Chaminou, Foots-maniacs,
Marsupilami quelle est la place de ces thèmes et
personnages dans votre parcours ? A part à mes débuts, je n'ai pas eu souvent
l'occasion d'exploiter mes idées et créations
personnelles. Et une reprise (quand elle reste dans
mes cordes), c'est un challenge intéressant à
relever.Chaminou est en plus créé par un de mes
auteurs favoris, Raymond Macherot. Il l'a créé en
1963, l'année de ma naissance. C'est un peu comme
si Macherot avait été mon papa BD ! Pour le
Marsupilami, je ne suis qu'un occasionnel qui donne
un coup de main à un ami un peu débordé par le
travail et le succès. Pour les Foot Maniacs,
Olivier Sulpice (éditeur Bamboo et co-auteur à la
base de cette série) cherchait quelqu'un et j'ai
accepté. Et, cerise sur le gâteau, je m'entends à
merveille avec cet éditeur.
Que conseilleriez-vous aux
artistes en herbe qui souhaitent percer dans le
domaine du dessin et de la BD ?
L'ingrédient indispensable est la passion. Si on y
met de l'honnêteté et son imagination, à force de
travail, on arrive toujours à quelque chose. Il
faut parfois un peu de chance. Mais tout dépend de
nos propres exigences. C'est un métier ou il faut
être patient car il faut énormément travailler.
Vous êtes aussi coloriste.
Est-ce un métier d'avenir si l'on prend en compte
l'évolution et le développement des programmes
informatiques ? Oui puisque la technologie permet de travailler
plus vite et de faire des choses qu'on peinait à
faire... Comme par exemple, peindre à l'aéro.
C'était un travail de dingue avant. Maintenant,
c'est très facile avec un ordinateur et Photoshop
(pour ne pas le citer). Le coloriste est payé 75
euros (prix moyen) par page coloriée. Il doit donc
en faire au moins deux par jour. Et seule la
technologie peut aider à y arriver.

Avez-vous des mentors, des
maîtres en dessin ?
Franquin (déjà dit plus haut), Morris, Tillieux,
Macherot, Will, Peyo, Uderzo, etc. etc.
Que représente la musique
dans votre travail ? Vous aide-t-elle ? En
jouez-vous, qu'écoutez-vous ?
J'ai tenté
d'en jouer car c'est un de mes rêves d'enfant...
Mais je manque de tempsJe peux dessiner avec
musique ou sans. Cela dépend en fait de mon humeur.
Comment se dessine l'avenir
pour vous ? J'ai de quoi faire ! Chez Bamboo, j'ai rencontré
Hervé Richez, qui est un type formidable avec qui
je m'entends vraiment bien. J'aime son humour. Nous
avons décidé de travailler ensemble et notre projet
vient d'être pris chez Dupuis. Nous sommes, je
l'espère, à l'aube d'une grande aventure !
Avez-vous des envies
particulières de collaboration avec des scénaristes
?
J'ai une frustration
car j'ai travaillé avec Raoul Cauvin sur "Tatayet",
une série humour qui découlait de la marionette du
ventriloque Michel Dejeneffe. Malheureusement, nous
avons dû arrêter, alors qu'il semblait que la série
allait marcher. Depuis, Raoul, débordé, n'a jamais
plus eu le temps de développer une série avec moi,
et j'en suis bien triste. Donc si un jour, même
pour une histoire, on se retrouvait, j'en serai
ravi.
Lisez-vous beaucoup de BD ?
Moins qu'un amateur
éclairé, mais forcément plus qu'un lecteur moyen.
Dans le paysage de la bande
dessinée actuelle, qu'est-ce qui retient votre
attention ?
Toujours les mêmes ingrédients. Mes derniers coups
de coeur ont été la série "Lincoln" des frères
Jouvray, "le retour à la terre" de Larcenet et
Ferri, "Green manor" de Bodard et Velhmann, ... et
bien d'autres mais je ne vais pas y passer la nuit.
Quand vous ne faites pas de
la BD, qu'est-ce que vous faites ?
Je voyage avec ma femme et mes enfants, je vois mes
copains, je fais de l'escrime... Mais je fais de la
BD pratiquement toute ma vie et tout le temps !
Quels sont les personnages
que vous aimez dessiner?
Je ne dessine pas de personnages que je n'aime pas
dessiner.
Quel est le personnage qui a
le plus de relation avec votre personnalité ?
Il y a de moi dans
tous, donc je ne peux pas en sortir un du lot.
Quels sont vos prochains
projets ?
La nouvelle série
"les poulets du Kentucky" chez Dupuis et la suite
des "Foot Maniacs" chez Bamboo.
Quelles sont les 3 questions
que vous aimeriez que l'on vous pose ?
Riri, Fifi et Loulou
me demanderaient tous les trois ensemble "La vie
est belle ?"
Quelles sont les réponses? Je leur répondrais trois fois "oui"
Et les 3 que vous n'aimeriez
pas qu'on vous pose, et leurs réponses?
Puis il me
demanderaient "Veux-tu changer de métier?"Et je
répondrais quand même "Non", "Non","Non"