Laudec, itinéraire d'un enfant doué - interview par Christine BLANC
LAUDEC - Antonio De Luca - Le dessin a toujours été ma passion depuis mon plus jeune âge, mais je n'imaginais pas que l'on puisse en faire un métier. Il faut dire que la B.D avait une assez mauvaise réputation surtout chez les parents qui la considéraient comme de la «sous-littérature».
Etant donné que je n'étais pas trop mauvais élève, je fus poussé vers une formation technique. Je suis sorti de l'école avec un diplôme de gradué en électronique et automatismes.
Je suis allé me présenter dans une entreprise qui fabriquait du matériel électrique de roulage (trains- métros etc...).
Comment
êtes vous venu à la BD ?
Après plusieurs années passées dans un
bureau d'études de cette société, le virus du dessin
artistique ne m'avait toujours pas quitté, c'est
pourquoi je décidai d'aller frapper à la porte des
éditeurs ...sans succès.
Enfin, un jour, alors que je participais à un
concours de B.D dont le jury était exclusivement
composé d’auteurs confirmés ( Franquin, Peyo, Roba,
Hubinon, Walthéry et bien d'autres), j'ai eu la
chance de gagner le premier prix qui consistait à
être publié dans le journal de Spirou. Ce fut le
début de ma carrière professionnelle en B.D.

Quelle est
l’origine de votre surnom ?
Je me suis trouvé un
surnom ou plus précisément une anagramme de mon nom.
Laudec, alias "De Luca" était né.
Cédric a fêté en 2007 ses 20 ans ! Qu’est il
devenu ?
En 1987, avec
le scénariste Raoul Cauvin, nous avons créé la série
"Cédric" dont le succès a été au rendez-vous dès le 5
ème album. Nous en sommes maintenant au 21ème volume.
La série a généré un dessin animé qui en est au
156ème épisode et qui est diffusé dans une vingtaine
de pays.
Ce dessin animé a également engendré une centaine de
licences et de produits dérivés.

Et Taxi
Girl ?
En parallèle
avec cette série, deux albums scénarisés par R.
Cauvin ont étés publiés chez Dupuis sous le titre
"Taxi-Girl". Cette nouvelle série racontant les
déboires d'une" chauffeuse" de taxi à Paris a été
abandonnée par manque de temps.
Que représentent pour vous des Festivals
comme celui de Roquebrune sur Argens où nous nous
sommes rencontrés ?
Un festival comme
celui de Roquebrune représente pour un auteur comme
moi, l'occasion de rencontrer mon public et mes
collègues. Le travail de dessinateur B.D est un
travail de solitaire. Un festival est l'occasion
rêvée de rencontrer d'autres auteurs dans une
ambiance conviviale. Il est également le lieu ou on
peut avoir un "retour" direct des lecteurs (Un peu
comme un chanteur qui a le retour de sa voix via
l'oreillette).
Par conséquent, je privilégie toujours les l
festivals qui permettent la convergence de ces deux
critères : rencontre avec le public et rencontre avec
les collègues dans un lieu agréable ce qui est le cas
de Roquebrune sur Argens.
Quelle est votre relation aux autres
dessinateurs invités à ce Festival ?
Mes relations
avec les autres auteurs sont toujours très bonnes car
il n'y a pas de véritable concurrence entre nous,
étant donné que nous avons tous nos spécificités. La
seule concurrence véritable est le fait de certains
médias qui opposent les auteurs via les chiffres de
ventes, de placement etc...
Comment organisez-vous votre journée de
travail ?
Ayant pris
l'habitude de travailler le matin et l'après-midi au
bureau d'études, j'ai gardé ce rythme de travail
contrairement à certains de mes confrères qui
privilégient le travail de nuit.
Pouvez-vous
nous parler de l’évolution de votre méthode de
travail au fil des années ?
Depuis quelque temps,
j'ai rangé mes crayons et papiers et je me suis
tourné vers le dessin virtuel à l'ordinateur.
Les couleurs de la série étaient déjà depuis
plusieurs années réalisées par ordinateur.
Pouvez-vous nous parler de vos outils de
travail ?
Les outils et
programmes actuels permettent de réaliser maintenant
les crayonnés et les encrages. Je pense que l'avenir
de cette méthode de travail est déjà tracé, surtout
chez les jeunes auteurs très ouverts aux outils
modernes. Est-ce un bien, est-ce un mal, l'avenir
seul nous le dira!
