18 MAY 2008
Nous connaissions déjà Philippe ROUCHIER au travers de ses travaux pour Arthur Et Les Minimoys. Aujourd’hui nous avons le plaisir de le retrouver dans un autre genre artistique : l’écriture de son roman de Science Fantasy, La Grande Inversion. Lorsqu’on est un véritable artiste, on est souvent polyvalent, on évolue et l’on peut se permettre de jongler sans risque avec différents styles et supports. Du dessin, au cinéma, en passant par l’écriture, voici le portrait de Philippe, un jeune artiste hybride, dont nous sommes déjà impatients de découvrir les prochains travaux qu’ils soient les suites très attendues d’Arthur et Les Minimoys, comme le second volet de la Grande Inversion. Quoi qu’il en soit, Inter-Activities sera toujours honoré de l’accueillir et de l’encourager dans ses colonnes. En attendant, je tiens personnellement à le remercier pour le plaisir que j’ai ressenti à la lecture de son livre, dans lequel on peut à la fois s’évader, rêver, imaginer, mais aussi réfléchir. Et tout comme le credo du site Inter-activities, Philippe propose aussi le concept de « l’inter’action » entre lecteurs et artiste, au travers de son site, pour prolonger l’aventure. Difficile de résister ! En attendant, pour en savoir un peu plus, visitez la page inter-activities relative au livre.

Pouvez vous nous rappeler votre parcours, comment êtes-vous arrivé dans le milieu artistique, quel est votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?
Je suis né à Lyon en 1968.
Dès mon enfance, je me suis intéressé au dessin et je passais mon temps à me raconter des histoires en gribouillant. Plus tard, je me suis passionné pour la littérature fantastique, et j’ai parallèlement continué de progresser dans le domaine graphique jusqu'à intégrer l’école Emile Cohl pour un cycle d’études spécialisé en illustration.
Ensuite je me suis installé à Paris pour travailler d’abord dans l’illustration et le dessin animé, puis plus tard dans le domaine du cinéma avec la saga « Arthur et les Minimoys » de Luc Besson.
Aujourd’hui, je continue mon travail de directeur artistique et de designer pour le cinéma, mais je suis également revenu à mon second amour de jeunesse : l’écriture.
Cet aspect jusqu'à présent secondaire de ma carrière est en train de prendre de l’ampleur, pour ma plus grande joie, car je peux ainsi explorer de nouveaux territoires et parfaire l’expression de mes sentiments au travers d’un médium différent du dessin.
LA GRANDE INVERSION
Quand et comment a germé en vous l’idée d’écrire un roman ?
Depuis mes débuts professionnels, dans le cadre de mes activités liées aux domaines du cinéma et de l’animation, j’ai élaboré plusieurs projets d’histoires destinées à du long-métrage ou de la série. Il s’agit de travaux qui commencent par de l’écriture car il faut mettre noir sur blanc la trame de l’histoire, créer et décrire l’univers dans lequel se déroule l’aventure, inventer les personnages et leur donner autant que possible du caractère et de la profondeur. Ensuite vient la partie graphique, destinée à illustrer le dossier, puis le tout doit être démarché auprès des producteurs.
Bien qu’aucun de ces projets n’ait abouti à une production, ils ont nourri mon imaginaire et ma technique pendant plusieurs années, au point de faire naître en moi un réel plaisir de narration, malheureusement de plus en plus inadapté au style technique souhaité pour ce type de travail. J’ai brusquement ressenti le désir de passer à quelque chose de plus complet, de plus intégral, en privilégiant légèreté et liberté de développement.
La suite logique de tout cela était d’évoluer vers un véritable travail d’écriture indépendant de tout autre projet.
Je ne me suis pas pour autant transformé en romancier du jour au lendemain. J’ai commencé par écrire une nouvelle, pour participer à un appel de textes destinés à être publiés dans une anthologie en hommage à l’écrivain Jack Vance. L’exercice consistait à inventer une histoire tout en reprenant les éléments de l’univers de l’auteur comme toile de fond. Mon texte ne fut pas retenu, jugé « trop vert » par le comité de lecture qui souligna cependant son intérêt pour l’idée sur laquelle il se basait : un sortilège mis au point par un mage renégat parvient à mettre en évidence la part humaine d’un démon. Ce dernier se trouve changé en homme innocent et parcourt le monde avec le fardeau de son ancienne noirceur : une épée.
Je ne me suis pas découragé à la suite de ce refus. Tout au contraire, j’ai réalisé que je tenais en main les bases de mon roman. Après épuration des éléments décoratifs empruntés à J.Vance, j’ai conservé mon idée et retravaillé mon texte pour aboutir au premier chapitre de ce qui est aujourd’hui devenu « La grande inversion ».

Comment s’est poursuivi le processus d’écriture ?
Les autres chapitres ont été écrits de manière chronologique sur une période de trois ans, par tranches de trois à six mois, en fonction de mon temps libre en dehors des productions où j’exerçais mon métier de directeur artistique/designer. Jamais je ne me suis hâté de finir ce livre, car je voulais privilégier la qualité des intrigues et du contenu, jouer avec les personnages, prévoir des implications et un univers solide qui ouvre potentiellement sur une suite.
Quel public visez-vous avec ce livre ?
« La grande inversion » vise un public d’adolescents et d’adultes qui souhaitent changer d’air et qui aiment lire. Toute personne qui a envie de se détendre, de rêver un peu et de se poser des questions trouvera peut-être un passage à son goût dans ce livre. Certains chapitres sont de facture classique, d’autres beaucoup moins, le but est d’entretenir et de ménager la surprise, d’amuser, d’angoisser, d’interroger, mais toujours de distraire. Certains passages peuvent sembler un peu « gore », mais ils font à mon goût partie intégrante du paysage coloré que j’ai souhaité développer, dans l’espoir de le partager avec d’autres.
Avez-vous un ou plusieurs mentors ? Avez-vous été inspiré par des auteurs, un type littéraire, ou d’autres artistes ?
Je suis un fervent amateur de littérature fantastique depuis mon plus jeune âge. J’ai lu bon nombre de livres dans ce registre, pas uniquement de la fantasy, mais aussi de la science-fiction et d’autres types d’ouvrages inclassables situés en périphérie de ces grandes familles. Par conséquent, je suis naturellement très imprégné par ce genre au sens large.
Ma préférence est indéniablement orientée vers des auteurs d’une autre époque, à cause de leur narration, de la profondeur de leurs idées.
Mes auteurs favoris sont ainsi Jean Ray, pour des ouvrages incomparables comme « MALPERTUIS » ou « LES DERNIERS CONTES DE CANTERBURY », James Blish pour « PAQUES NOIRES », William H. Hodgson, Marcel Thiry, Claude Seignolle et bien d’autres.
Côté fantasy pure, je pense à Fritz Lieber pour son « cycle des épées » au ton si particulier, à Gene Wolfe pour « LE SECOND SOLEIL DE TEUR », à Robert E. Howard pour « CONAN LE BARBARE ».
Je citerai également un contemporain que j’affectionne tout particulièrement pour son extraordinaire ouvrage intitulé « L’ETRANGE ANIMAL DU NORD ». L’auteur, Lars Gustafsson, est un génie capable d’aborder les sujets les plus métaphysiques pour les illustrer le plus simplement du monde en histoires. S’il y a un livre à lire dans ce bas monde, c’est indéniablement celui-là !

Qu’est ce qu’un roman de science fantasy ?
Mon édition de « STORMBRINGER », qui date un peu il est vrai, est classée par l’éditeur au rayon science-fiction, c’est marqué sur la couverture. Il y a de quoi rigoler un bon coup mais l’appellation « fantasy » n’était pas très utilisée à l’époque.
Aujourd’hui, c’est le contraire. Il y a tellement de genres et de sous-genres qu’on ne sais plus où donner de la tête entre la light fantasy, la dark fantasy, l’héroïc fantasy et que sais-je encore ?
Pour répondre à la question, un roman de science fantasy est un ouvrage qui décrit un univers où cohabitent une technologie moderne et une technologie rétrograde de type moyenâgeuse, à la différence d’un univers de science-fiction qui s’articule uniquement autour d’une technologie encore inconnue. Il existe ensuite de nombreuses variantes.
Avez-vous le projet d’adapter ce roman au grand écran ? Comment aborderiez-vous ce projet : film en prises de vue réelles, animation (3D, motion capture…), dessin animé ?
Je dois avouer que je me suis posé la question, et peut-être ferai-je la démarche un jour. Pour l’instant, je suis plus préoccupé par l’écriture de la suite du roman que je compte bien entamer cet été, après cinq ans de prises de notes.
Cependant, si jamais un projet de film devait survenir, je privilégierai sans doute la prise de vue réelle et la 3D, de façon à développer le côté épique et réaliste.
Avez-vous rencontré des difficultés pour écrire ce roman ?
Écrire un roman est en fait une chose extrêmement difficile.
Les deux grands écueils que j’ai rencontrés sont le dosage du style et la gestion de la partie technique, par exemple : comment présenter un dialogue ?
J’ai donc pris le temps de me renseigner et de m’imprégner de tous les facteurs nouveaux, et j’ai surtout procédé à de très nombreuses relectures pour fluidifier l’ensemble du roman.
Au final, j’en ai jeté la moitié.
DESSIN (PAR PHILIPPE ROUCHIER) DU PENDENTIF DE L'ONCLE DRINN
Et pour la publication?
Ensuite, la publication d’un livre, comme c’est souvent le cas dans les domaines spécialisés, est un univers difficile d’accès, surtout la première fois. J’ai déjà fait ce cheminement pour le dessin animé et le cinéma, il faut ramer très fort et tenir la cadence. Il faut ensuite savoir que les éditeurs ne prennent qu’un pour cent de nouveaux auteurs inconnus par an, ce qui limite fortement les chances d’être retenu.
Je dois rappeler ici que j’ai écrit cette histoire par plaisir et non par nécessité, et que je me suis toujours efforcé de lui conserver un brin d’originalité et de différence. Je suis par exemple persuadé que le mélange des styles (héroïc fantasy, dark fantasy, policier, humour) est un atout pour faire vivre le genre de manière moderne, parfois décontractée, parfois sombre, en équilibrant les contrastes (comme une image, en somme). D’autre part, je ne conçois pas l’existence d’un ouvrage, quelque soit sa nature (graphique, conceptuelle, littéraire ou autre) sans la présence de cet ingrédient majeur qu’est la philosophie. À quoi bon écrire une histoire si c’est pour refermer un livre vide de sens ? En tenant cette position, j’ai refusé de faire des concessions qui m’auraient peut-être ouvert quelques portes. Je ne regrette rien car c’est de cette manière que je souhaitais vivre cette aventure.
Au final, je me suis cependant rapidement retrouvé avec une collection de lettres de refus. Dans ce cas-là, il faut lire entre les lignes et savoir faire le tri. Certains des commentaires reçus me paraissaient très justes et ont abouti à des modifications de mon texte.
Malgré mon meilleur argument d’antériorité dans le domaine de l’édition : les textes originaux du “Art-of Arthur et les Minimoys”, il ne me restait plus, à ce stade des événements, qu’à choisir entre l’auto-édition et l’édition à compte d’auteur. J’ai choisi la seconde et me suis engagé avec les éditions Paulo-Ramand.
Pourquoi et comment avez-vous choisi cet éditeur ?
J’ai longuement navigué sur internet avant de me décider. Plusieurs éditeurs proposent leurs services d’édition avec des arguments et des tarifs variables.
Les éditions Paulo-Ramand ne sont pas parmi les plus abordables, mais elles proposent un contrat d’édition à compte participatif où les frais sont partagés entre l’auteur et l’éditeur. Avant tout, ce dernier prend le temps de lire votre manuscrit et de faire des remarques, il vous contacte par téléphone et cela permet de se jauger mutuellement. C’est pour ma part la qualité de ce contact qui m’a décidé. Par ailleurs, leurs livres sont d’une qualité supérieure à la moyenne en termes de choix du papier, d’impression et de suivi. Autrement dit, on ne se retrouve pas avec du papier journal dans les mains quand on reçoit le livre. Cette maison d’édition propose également un service de distribution et de médiatisation de votre ouvrage, mais il est encore trop tôt pour que je puisse m’exprimer sur la qualité de ce service.
Au final, c’est le choix d’une prise de risque. Je veux que mon ouvrage paraisse en l’état parce que je suis persuadé de sa valeur, si je me trompe, j’éponge les frais et je me mets au macramé. Follement excitant, non ?

Les détails développés au sein de votre livre font travailler l’imaginaire. Avez-vous voulu contraster avec le cinéma qui impose un visuel au spectateur qui est donc passif du point de vue de l’imagination ? Avez-vous choisi de ne pas illustrer pour inciter à l’imagination, pour laisser libre le lecteur ?
L’écriture est un outil de travail extrêmement complet, qui permet d’exprimer et de décrire beaucoup d’éléments et de situations tout en respectant l’imaginaire du lecteur car justement, c’est ce dernier qui au final visualisera ce qu’il lit. Par ailleurs, un texte permet de mettre en scène des éléments trop intangibles ou trop coûteux pour être abordés sereinement dans le cinéma ou la BD, bien qu’il y ait des exceptions.
C’est tout naturellement que j’ai privilégié le texte pour raconter « La grande inversion ». Je ne voulais effectivement pas imposer de visuel mais partager une ambiance, des sensations, aborder d’autres rivages par d’autres moyens. De mon point de vue, il me semble que j’ai simplement « illustré » avec des mots plutôt qu‘avec du dessin, que j’ai troqué un pinceau pour un stylo car dans ce cas précis c’est l’outil qui servait le mieux mes sentiments. Il y a de cela une dizaine d’années, j’aurais soutenu le contraire, mais je n’avais pas encore vraiment d’histoire à raconter.
C’est donc tout à fait volontairement que je me suis détaché d’une approche cinématographique ou illustrée, pour atteindre autre chose, travailler sous un autre angle et ainsi retrouver une fraîcheur d’expression que j’estimais avoir un peu perdue.
Lorsqu’on connait vos qualités artistiques de dessinateur, des illustrations n’auraient-elles pas apporté une plus value à ce roman ?
Peut-être. Cependant, je ne voulais pas faire de cet ouvrage un support à l’illustration. Au contraire, j’ai souhaité le faire vivre par lui-même, en véritable roman, et non comme une histoire racontée par un designer en quête d’un propos à illustrer. En fait, j’ai même hésité à réaliser la couverture, sur laquelle j’ai finalement choisi de ne surtout pas représenter les personnages.
D’autre part, l’édition d’un livre agrémenté de plusieurs planches couleurs ou noir et blanc serait sans doute devenue inabordable.
Avez-vous pensé à une édition illustrée, une BD ?
Quelques-uns de mes amis illustrateurs/designers sont intéressés par le développement de l’histoire en BD. Je suis tout à fait partant d’autant plus que je ne souhaite pas me charger de ce travail. Il est à mon goût nécessaire de laisser un autre (de confiance !) retranscrire graphiquement sa vision de l’univers et des personnages plutôt que de redire moi-même une seconde fois ce que j’ai déjà exprimé par l’intermédiaire d’un autre médium.
Le site internet et ses dessins ont-ils été crées pour compenser ce manque visuel ?
Pas particulièrement. Je trouve simplement intéressant de fournir une carte géographique du voyage décrit dans le livre. Cela permet de visualiser le trajet des personnages, de découvrir des régions qui n’ont pas encore été visitées et de lire quelques lignes à leur sujet. Cela fait vivre l’univers du roman et contribue à asseoir sa crédibilité.
Le site est là pour approfondir certains aspects du livre, lui donner un second souffle et permettre aux lecteurs de me poser des questions s’ils le souhaitent. On peut de cette manière aller au-delà d’une simple lecture « merci au revoir », creuser un peu et se rendre compte de la profondeur d’un propos qui n’est pas forcément évident au premier abord. Ne sommes-nous pas fait pour communiquer les uns avec les autres ? Alors profitons-en !
Pensez vous que Luc Besson, avec qui vous travaillez sur les 3 films d'Arthur et Les Minimoys puisse être intéressé par une adaptation cinématographique de votre livre ? Lui avez-vous proposé de le lire ?
Qui sait ? Il est très probable que je le lui demanderai un jour, et je pense poser le livre sur son bureau avant la fin d’Arthur 3.
Vous êtes vous inspiré de la saga d'Elrich de Melniboné et de son épée démoniaque "Stormbringer" pour votre récit La grande inversion? (Question de Nathalie, lectrice d’Inter-Activities)
Il n’est pas possible de répondre par oui ou non à cette question.
Stormbringer et l’ensemble de la saga d’Elric représentent un classique de la littérature d’héroïc fantasy. On retrouve pour notre plus grand plaisir dans les récits de Moorcock les ingrédients majeurs du genre : démons, armes magiques, sortilèges et plans astraux déconseillés aux humains. Naturellement, j’ai lu les ouvrages de l’auteur et ils ont marqué mon imaginaire à leur façon, on retrouve ainsi dans « la grande inversion » les ingrédients mentionnés ci-dessus. Je les considère en quelque sorte comme un fond de roulement du genre, au même titre que les romans policiers comportent le plus souvent un assassin, une victime et un enquêteur.
En fait, de nombreux récits de fantasy utilisent comme personnage principal un guerrier équipé d’une épée, seul ou encore en duo. On peut en citer quelques-uns parmi les ancêtres tels que Conan le barbare et le roi Kull, héros solitaires de Howard, l’inoubliable duo Fafhrd et le souricier gris de Lieber, ou encore Severian, le bourreau du fabuleux « cycle de teur » de Gene Wolf. J’ajouterai également un personnage moins connu, tiré de « La fin des Magiciens », une excellente nouvelle de Larry Niven qui illustre bien le propos. Il s’agit de Hap, un barbare mené par une épée démon qui a fait grossir son bras de façon disproportionnée.
Tout cela pour dire que ce qui fait la différence entre ces personnages c’est leur caractère, leur style, l’univers dans lequel ils évoluent, la narration propre à l’auteur qui les a créé.
Pareillement, Elric et Zalbast sont des personnages très différents sur de nombreux points. Le premier est brillant, aristocratique, quasiment invincible grâce à l’énergie illimitée procurée par son épée Stormbringer qui aspire la vie de ses ennemis et la lui insuffle. Le second est très humain, à la recherche de son identité et de ses origines, ses défauts sont ceux de « monsieur tout le monde » et se servir de son arme lui coûte le plus souvent fort cher… Ils ont cependant en commun leur combat contre des entités aussi puissantes qu’obscures face auxquelles ils se rebellent, mais au final, Moorcock et moi-même ne développons pas le même propos.
Interview réalisée par Christine BLANC pour Inter-Activities. Tous droits réservés.
