ACCUEIL         PLAN      CONTACT  
- : : jeux- videos : : - LES INTERVIEWS

samedi 24 mars 2007

LES INDESTRUTIBLES : Tim Simonec, un compositeur "béton"

 
 

On connaissait Tim Simonec, l'orchestrateur de Michael Giacchino sur des films comme LES INDESTRUCTIBLES, mais on connaît moins le compositeur. Et pourtant, qui mieux que lui pouvait faire le lien entre la sublime partition du créateur de la musique de LOST et autre ALIAS (sans compter le prochain RATATOUILLE) et celle du jeu vidéo édité par Buena Vista Games?


 
Rencontre avec un maestro génial et modeste...




 
Votre parcours est pour le moins original… Comment êtes-vous venu à la musique ?
Tim Simonec) Mon parcours est assez inhabituel il est vrai car au départ, je me destinais à la prêtrise… Ce qui ne m’empêchait pas de me distraire en composant des arrangements. Mais à un moment, c’est la musique qui a pris le dessus et après le Collège, c’est là que je me suis orienté vers des études musicales.

Quels sont les compositeurs les plus significatifs –en dehors de Michael Giacchino- avec lesquels vous avez collaboré ?
Le plus connu est sans doute Graham Revell avec lequel j’ai dû faire quelque chose comme une quinzaine de film durant les dix dernières années. Mais j’ai aussi travaillé avec Christopher Tyng sur la série animée FUTURAMA.

Comment avez-vous rencontré Michael Giacchino ?
Il travaillait à son premier jeu vidéo, THE LOST WORLD, et il cherchait un chef d’orchestre. Je me suis présenté et il m’a pris. Cela fait une dizaine d’années maintenant.

Il nous a confié que vous lui aviez tout appris…
En fait, ce qui s’est passé, lors de notre premier projet, c’est qu’au moment où le copiste m’a amener la partition, la nuit précédent la session d’enregistrement, j’ai été très surpris par les orchestrations. Tout le monde jouait tout le temps. J’ai fait venir Michael et avec un stylo rouge j’ai barré tout ce qui était en trop, tout en lui expliquant mes raisons. J’ai été alors très impressionné par sa maturité. Il a tout accepté sans protester. Il était comme un éponge : il voulait apprendre. Le résultat est que, dès notre deuxième collaboration, sur un nouveau jeu vidéo, il n’avait plus fait du tout ces erreurs et avait considérablement progressé. J’ai beaucoup aimé le voir grandir musicalement depuis ces débuts jusqu’à aujourd’hui, de ses premiers jeux vidéos à ALIAS, LOST puis aux INDESTRUCTIBLES.

 


Comment définiriez-vous l’orchestration des INDESTRUCTIBLES ?
Brad Bird avait une idée très précise de ce qu’il voulait : quelque chose dans la veine des JAMES BOND et des films d’action des années soixante ; quelque chose à mi-chemin entre Henri Mancini et Lalo Shiffrin. Du point de vue orchestral, je me suis donc concentré sur des flûtes basses et altos à la Mancini, et une puissante section de cuivres afin d’assumer le jazz très présent dans cette partition, mélangée avec l’orchestre classique.

Sous couvert de jazz, on passe en fait par une multitude de styles différents.
Il est vrai que chaque thème appartient à une sphère stylistique très différente, ne serait-ce que le thème principal et le thème d’amour par exemple. Mais cela arrive également dans des passages non thématiques, souvent très stylisés –même si Michael tient beaucoup à cette dimension thématique de ses œuvres.

On trouve également des couleurs très scintillante dans votre orchestre, notamment avec le xylophone ou le célesta.
Le fait est que nous avons voulu utiliser absolument toutes les ressources de couleurs de l’orchestre, notamment du côté du célesta et des percussions. Ce fut une occasion unique de faire tout ce qui nous passait par la tête, et de manier l’une des palettes sonores les plus larges que nous ayons jamais manipulées. Nous n’avons délibérément pas fait appel à des voix dans cette musique, mais du point de vue instrumental, nous avons recherché toutes les solutions imaginables, dans le cadre fixé par le réalisateur, c’est-à-dire sans rien d’électronique, comme cela aurait été le cas dans les années soixante.



A partir de quel matériel travaillez-vous ?
Michael me donne des esquisses très annotées. Ses idées sont là, présentées de façon générale : « ajoutez des saxes… amusez-vous librement avec les bois… ici, donnez moi des percussions jungle ». Les cordes sont très détaillées chez Michael, sinon pour le reste, mon rôle est d’une certaine façon d’embellir ses esquisses dans le respect de ses suggestions. Parfois, il me donne des fichiers MP3. Pour LES INDESTRUCTIBLES, il y avait environ 1/3 d’esquisses. En tant qu’orchestrateur, je dois dire que je n’ai pas vraiment besoin de MP3 car mon rôle n’est pas de faire en sorte que l’orchestre sonne comme un fichier informatique. Il faut que l’orchestre sonne vraiment comme un orchestre. Le MP3 me sert surtout de vérification.

A quoi ressemblent ces esquisses ? Sont-elles sur six ou huit portées comme traditionnellement ?
Depuis l’arrivée de l’informatique, il est loin le temps de ce genre d’esquisses. Michael compose directement des maquettes à l’ordinateur et un de ses collaborateurs est chargé de les simplifier pour me les transmettre. C’est à partir de cette simplification que je travaille.

Nous avons été frappés par l’impressionnant crescendo de Kronos Unveiled.
Je dois dire que tout le mérite en revient à Michael. C’est lui qui a prévu tous les points de détail de cette progression. De fait, ce fut une grande émotion pour moi au moment de diriger l’orchestre mais aussi quand j’ai découvert cette scène dans le film.

 


La partie de percussions de Saving Metroville est, elle aussi, ahurissante.
Là encore Michael avait songé au moindre détail. Il m’a simplement demandé d’embellir et complexifier ce qu’il avait imaginé.

Pour quel moment du film votre participation a t’elle été la plus significative ?
Il s’agit du premier montage, Life’s Incredible Again. Michael connaissait mon goût pour ce style de swing. Il m’a simplement donné le thème et m’a donné carte blanche.

Comment s’est passée la direction de cet orchestre, entièrement live, une experience assez rare de nos jours ?
Ce fut tout simplement un énorme plaisir. Souvent on enregistre la section rythmique à l’avance et l’orchestre joue par dessus. Mais c’est tellement plus vivant quand chaque musicien réagit à l’unisson de l’orchestre. Les musiciens peuvent ainsi se faire une idée la plus représentative de la musique dans son ensemble et, par conséquent, répondre de façon idoine aux besoins de cette musique. Ils peuvent ainsi s’insérer de façon beaucoup plus subtile dans les tissus orchestraux. Et pour le chef d’orchestre ce furent des conditions de travail idéales : un magnifique studio, un orchestre remarquable, une musique sensationnelle, un ingénieur du son de talent, un réalisateur génial et un studio d’animation –Pixar- unique en son genre. Ils ont apporté tant de petites attentions que ce fut probablement une expérience que je ne revivrais pas de si tôt. La semaine suivante, j’avais encore des musiciens qui revenaient me voir pour me dire à quel point ils avaient vécu des moments d’exception.

Comment s’est passée la rencontre entre les musiciens classiques et les musiciens pop ?
Vous savez, à Los Angles, ce genre de rencontre est quasi quotidienne. Il n’y a pas de frontières entre les styles et entre les musiciens. La différence, c’est que Michael et moi sommes très attachés à créer une bonne ambiance de travail propice à susciter une bonne collaboration entre tous les musiciens. Tous ces musiciens sont des artistes de premier plan. Mais ces sessions d’enregistrement sont aussi l’occasion d’un grand stress. Michael et moi faisons tout pour retrouver le plaisir de jouer de la musique ensemble. Je pense que je dois être un comique frustré car là je ne rate pas une occasion de faire le clown.

 


Michael Giacchino est connu pour être féru d’histoire de la musique. Est ce aussi votre cas ?
Absolument et c’est presque une obligation quand vous devez vous replonger dans l’ambiance des années soixante. Bien sur on peut faire cela techniquement, mais je dois dire que pour ma part, je me suis toujours intéressé et passionné pour l’histoire de la musique de films. On peut vraiment dire que je suis un fan car les musiciens du passé sont nos véritables maîtres. LES INDESTRUCTIBLES ont donc constitués une formidable opportunité de se replonger dans les années soixante. Du point de vue orchestral, ce n’est pas un retour, c’est un hommage.

Quelle fut votre implication la musique des INDESTRUCTIBLES du jeu vidéo, composée elle aussi par Michael Giacchino ?
Dans la mesure où pour des questions de droit, nous n’avons pu ré-utiliser les thèmes originaux du film, j’ai du les adapter, les transformer, tout en gardant le même esprit. Et cet esprit tient tout spécialement à l’orchestration. Mon rôle à donc été crucial dans cette adaptation.
 


Quelles sont les différences, pour vous entre musique de films et musique de jeux vidéos ?
Le jeu vidéo se concentre d’avantage sur l’action que sur les personnages. Par conséquent, sa musique n’a pas besoin d’être aussi thématique que celle du film.

La flûte de pan est très présente à certains niveaux alors qu’on ne l’entendait pas dans le film.
Il y avait pourtant bien de la flûte de pan dans le film, dans les scènes se déroulant sur l’île, mais elle était noyée dans l’orchestre. Le jeu vidéo a été pour nous l’occasion de mettre un peu plus en avant cet instrument.

Quelle était la taille de l’orchestre pour le jeu vidéo ?
C’était un orchestre un peu plus petit que celui du film mais quand même de bonne taille puisqu’il y avait environ soixante musiciens. Il y avait tous les instruments de l’orchestre original qui était de quatre vingt dix musiciens mais en moins grands nombre.

Avez vous enregistré dans les même conditions que celles du film ?
Absolument. Tout à été enregistré live et en même temps.

 

- : : Dernieres publications : : -

puce Les archives

-

-

 

Retour tout en haut

- Copyright - 2007 -KitGrafik - Tous droits réservés - Design par : ANTYOZ
lass="Style3 Style4"> - Copyright - 2007 -KitGrafik - Tous droits réservés - Design par : ANTYOZ