« J’ai toujours adoré
les films d’espionnage, mais je trouvais qu’il
était temps de trouver quelque chose qui parle
davantage à la jeune génération. » Telle était
l’ambition de Rich Wilkes, scénariste de xXx
lorsqu’il créa en 2002 ce personnage hors normes,
véritable anti-James Bond. « Sans dénigrer la
célèbre saga que j’adore, racontait à l’époque Vin
Diesel, alias Xander Cage, le premier xXx, le
personnage de 007 est aussi parlant pour les jeunes
spectateurs que quelqu’un comme Clark Gable. James
Bond porte un costume, et aucun jeune aujourd’hui
n’en porte. xXx est la voix de la nouvelle
génération. »
Après le succès du premier opus, mis en musique par
Randy Edelman, il était naturel d’envisager une
suite. Seulement, dans un monde où tout va plus
vite et change tout le temps, il convenait de ne
pas se répéter. « Nous avions aimé l’univers et le
concept du premier xXx, se souvient Neal H. Moritz,
le producteur de xXx² : THE NEXT LEVEL, sorti le 27
avril dernier sur nos écrans. Avec cette aventure,
le film d’espionnage avait trouvé un nouveau
souffle, un rythme d’aujourd’hui. Quand nous nous
sommes lancés dans ce second chapitre, nous avons
décidé de conserver ces éléments, tout en couvrant
un nouveau champ d’action. Cette fois, l’histoire
ne se déroule plus à l’étranger, en République
Tchèque, mais à l’intérieur même des Etats-Unis.
Cela offrait un cadre très actuel et très fort. »
Le scénario de Simon Kinberg n’est en effet pas
sans résonance avec le monde d’aujourd’hui : un
complot se trame au cœur de la Maison-Blanche. La
plus haute autorité du pays est en danger. Augustus
Gibbons (Samuel L. Jackson) vient lui-même
d’échapper à un attentat au sein du quartier
général secret de la NSA. Pour l’aider à déjouer
cette machination, Gibbons a besoin d’un nouvel
agent xXx. Ce sera Darius Stone, ancien soldat
d’élite décoré des Forces Spéciales, un dur venu du
ghetto…détenu pour le moment sous bonne garde dans
une prison militaire…
Pour un film aussi fort, il fallait un compositeur
qui assure... On comprend alors le choix de Marco
Beltrami, aux commandes d’un groove symphonique
d’anthologie.
GET XXX'D
Compositeur bien connu pour ses partitions
musclées de films d’actions, de SCREAM à BLADE II en
passant par RESIDENT EVIL, Marco Beltrami nous avait
récemment bluffés en donnant l’impression de
délaisser ses premières amours électroniques qui
avaient fait son succès pour se tourner vers le «
tout orchestral », domaine dans lequel il a su
révéler certains traits inédits et passionnants de sa
personnalité musicale. Mais la réalité est plus
complexe que cela. On ne saurait abandonner une patte
qui a ravi tant de spectateurs et de béophiles, et
xXx² en est le parfait témoignage.


Si l’on regarde vos derniers
films et notamment depuis DINA, on avait
l’impression que vous souhaitiez prendre vos
distances des films d’action et on vous retrouve en
fait aujourd’hui sur xXx². Comment expliquez vous
ce choix ?
Marco Beltrami Je ne parlerais pas vraiment de
prise de distance par rapport à ce que je faisais
dans le passé. Je dirais plutôt que je suis ouvert
aux projets les plus variés. Pour moi, l’intérêt de
xXx², c’est qu’il s’agissait d’une grosse
production, alors que ce qui m’attire dans les
films indépendants, c’est qu’ils me permettent
d’explorer de nouvelles voies du point de vue
créatif. J’ai autant de plaisir à travailler dans
un domaine que dans l’autre.
Dans des films tels que HELLBOY et TERMINATOR
3, il semble également que vous preniez vos distances
par rapport à l’utilisation d’instruments
électroniques associés à l’orchestre. On sait
pourtant que vos maîtres étaient Luigi Nono et Jerry
Goldsmith, deux précurseurs en matière de mélange
d’instruments live et de sonorités de synthèse. Dans
ces conditions, pouvez vous nous parler de votre
rapport à votre héritage musical ?
MB) J’ai
toujours eu beaucoup de plaisir à expérimenter des
choses dans le domaine des sons non orchestraux et à
travailler en conjonction avec des sonorités générées
électroniquement : en particulier, des sons
acoustiques que je manipulais électroniquement afin
d’aboutir à une palette qui soit unique pour chaque
film. Cela vient nécessairement des gens avec qui
vous avez étudié et travaillé. C’est le cas en
particulier de Jerry Goldsmith, que vous évoquiez à
juste titre. Si j’ai mis moins d’électronique dans
mes derniers films ce n’est pas pour autant que j’ai
renoncé à travailler sur les deux tableaux.
L’orchestre traditionnel est un moyen d’expression
très important pour moi, mais j’ai toujours le désir
d’explorer de nouvelles possibilités en matière de
sons électroniques.
C’est bien ce qui ressort de la partition de
xXx². D’un point de vue général, comment la décririez
vous ?
MB) C’est une musique
créée avant tout pour se faire plaisir et ne pas se
prendre au sérieux. C’est aussi un hommage à la
musique noire américaine des années soixante dix. Du
point de vue du mariage entre instruments live et
électronique, j’ai imaginé l’association entre un
orchestre symphonique traditionnel de taille
importante et des manipulations d’instruments pop
comme la guitare, la basse et la batterie.
Que pensez vous de la partition de Randy
Edelman pour le premier opus ?
MB) Je pense
qu’il a écrit une musique remarquable qui a le mérite
de servir au mieux le film.
Le réalisateur de xXx, Rob Cohen, tenait
absolument à ce que la musique de son film soit très
thématique. Qu’en est il pour ce nouvel épisode ?
MB) Je pense
qu’il était très important que le personnage de xXx
ait son propre thème et c’est ce que j’ai fait. Mais
dans la mesure où cette suite est très différente du
premier film, il m’a fallut re-concevoir le thème
principal en fonction de la personnalité du nouveau
héro. Je me suis ainsi quelque peu éloigné des
références « JAMES BOND » à la David Arnold du
premier film, pour concevoir quelque chose qui colle
véritablement à Ice Cube et que l’on peut entendre
dès le générique d’ouverture.
VINTAGE
Paradoxe du monde du
cinéma, là où le premier xXx cherchait délibérément à
trouver une alternative à l’image immanquablement
James Bondienne qui colle à la peau de tout film
d’espionnage par le choix d’une réalisation (due à
Rob Cohen) lorgnant vers le clip vidéo, xXx² : THE
NEXT LEVEL fait précisément appel à un réalisateur
bien connu pour avoir tourné l’un des épisodes de la
saga de 007, MEURS UN AUTRE JOUR, le néo-zélandais
Lee Tamahori. Mais au lieu de copier les dernières
aventures de l’espion de Sa Majesté, ce dernier nous
plonge dans un monde alliant la dernière vague hiphop
à une « black attitude » très « seventies » qui n’est
pas sans rappeler les débuts de la franchise
britannique. Et c’est sans se faire prier que Marco
Beltrami s’est plongé dans cette atmosphère,
reprenant à son compte une esthétique finalement très
actuelle.
Pouvez vous nous parler de votre traitement
du personnage de Lola avec sa sublime guitare
électrique et ses sonorités vintage, des années
soixante dix ?
MB) Pour ce personnage
je n’ai pas voulu d’une approche trop mélodramatique
ou même délibérément sentimentale. De plus, même s’il
y a quelque chose entre Lola et xXx, on ne peut pas
dire qu’il s’agisse d’un lien bien défini et qui mène
quelque part. C’est la raison pour laquelle le style
de la musique de Lola devait être bien différent de
celui de xXx, mais en même temps montrer l’attraction
qu’il y a entre ces deux personnes, sans jamais trop
en faire. C’est ainsi que je me suis orienté vers le
piano électrique et autres sonorités analogiques des
années soixante dix, mais non pas d’une façon
historique, datée, mais plutôt d’une façon totalement
actuelle.
Peut-on parler plus précisément d’influences
soul dans votre musique ?
MB) C’est
précisément dans cette direction que je souhaitais
aller.
Que pensez-vous de ce retour aux années
soixante dix qui a culminé récemment avec la musique
des INDESTRUCTIBLES ?
MB) Ce qu’a fait
Michael Giacchino est vraiment fantastique. Mais je
ne pense pas qu’on puisse vraiment parler d’un retour
aux années soixante dix. C’est le style qui
correspondait le mieux au film de Disney/Pixar et à
xXx². Pour moi cela ne fait pas partie d’un
mouvement, d’une mode. C’est simplement le fait que
ces deux films avaient besoin de cela.
Pensez vous que le fait que le réalisateur de
xXx² Lee Tamahori ait lui-même réalisé un JAMES BOND
a influencé cet aspect du film.
MB) Cela n’a pas été
le cas en qui me concerne. Il faut dire que je n’ai
pas eu beaucoup de contrainte ni de demande
spécifique en ce qui concerne ce film. Le réalisateur
a plutôt attendu de voir ce que je lui amènerai. Il
écoutait et me faisait ses commentaires ensuite. Mais
à aucun moment il ne m’a expressément demandé de
faire un pastiche des années soixante dix. Ce style
m’est tout simplement venu en visionnant le film.

STATE OF THE UNION
La différence entre le Marco Beltrami d’hier
et celui d’aujourd’hui, c’est que son passage «
orchestral » a apporté un plus inappréciable à ses
dernières partitions. Il ne s’agit plus seulement de
trouver les meilleurs moyens d’associer orchestre et
sonorités de synthèse. Désormais, le langage
orchestral se fait plus raffiné, plus complexe, ce
qui permet un dialogue encore plus riche avec les
autres phalanges instrumentales de ces musiques, tant
électriques qu’électroniques. Le résultat est une
partition intemporelle, comme seuls les véritables
maîtres savent en faire…
Pouvez vous nous parler de l’orchestre que
vous avez choisi ?
MB) Nous
avons enregistré chez Skywalker près de San
Francisco. De fait, nous avons fait appel à des
musiciens de cette ville et notamment de l’Orchestre
Symphonique et du Ballet, ce qui représente près de
quatre vingt dix personnes.
Orchestre auquel vous avez associé un
ensemble pop avec en particulier ce batteur étonnant.
MB) Nous avons
enregistré notre batteur et notre percussionniste
séparément du reste de l’orchestre qui a ensuite joué
à partir de leur performance. Pour moi, la rythmique
est l’un des aspects les plus important de ce film.
Il faut dire que xXx² possède également bon nombre de
chansons et il ne fallait pas que la partition s’en
éloigne de trop. D’une certaine façon, j’ai conçu la
rythmique de telle sorte qu’elle agisse comme un lien
entre la musique et les chansons.

Cette rythmique live est elle-même parfois
associée à des sonorités électroniques ?
MB) Il est
vrai que par moment elle est mélangée à des loops de
percussions électroniques. Cela fait partie de mon
style, ce qui n’empêche pas qu’une bonne partie de ma
partition est jouée live.
Outre les références pop de votre partition,
on retrouve certaines influences héritées de la
musique contemporaine (et nous en revenons à Luigi
Nono) dans la séquence de la poursuite du train dans
laquelle vous abandonnez l’harmonie classique pour
privilégier des agrégats sonores.
MB) C’est vrai mais
tout cela était motivé par la situation dans le film.
Les images étaient extrêmes, les effets sonores, avec
ces hélicoptères, étaient extrêmes la musique devait
donc être extrême. J’ai donc opté pour des clusters
joués par l’orchestre ainsi que par le piano dans une
approche très anguleuse des timbres.
Quelles relations avez-vous conçues entre la
partition et les chansons ? En d’autres termes quel
est le rôle de votre musique dans ce film ?
MB) S’il y a
un lien rythmique entre les deux, le rôle de la
musique se distingue nettement de celui des chansons.
Il s’agit en effet, d’une part d’accompagner et
renforcer l’action et d’autre part, d’assurer la
continuité thématique du film tout au long de
l’histoire de façon à appuyer le contexte émotionnel.
*
Saviez-vous quelles chansons avaient été
choisies pour le film avant d’en composer la musique
?
MB) Pour partie
seulement.
Savez-vous s’il y aura un xXx³ ?
MB) La fin du deux
semble sans ambiguïté à ce sujet.
Si c’était le cas, qui verriez vous dans le
rôle principal ?
MB) Euh…
Obi-Wan Kenobi !
Aimeriez-vous en faire partie?
MB) Absolument, je me
suis tellement amusé et j’apprécie tellement ce
réalisateur et ce studio avec qui j’ai fait HELLBOY,
que je rempilerais sans hésiter.
Quels sont vos projets ?
MB) Je viens de finir la musique de THE THREE BURIALS OF
MELQUIADES ESTRADA qui a été accepté pour figurer
au Festival de Cannes. Nous avons enregistré la
musique ici à Los Angeles, mais nous l’avons mixée au
studio de Luc Besson en Normandie. Je devrais
également participer à certaines chansons du film
pour l’album.
BANDE
ORIGINALE DU FILM
______________________
XXX2 the
next level : music from
the motion picture / avec Ice cube, Xzibit, Big
Boi... , chant. -
[Europe] : Sony BMG
music entertainment ;
[France] : Sony BMG
music entertainment, P 2005.
- 1 disque compact
(58 min 56 s).
1. Get
XXX’d - J-Kwon featuring Petey Pablo & Ebony Eyez /
2.
Anybody Seen The PoPo’s ?! - Ice Cube /
3. Fight
The Power - KoRn featuring Xzibit /
4.
Messiah - Dead Celebrity Status /
5. Oh No
- Big Boi featuring Killer Mike & Bubba Sparxxx /
6. The
Payback - P.O.D. * /
7. Dirty
Little Thing - Velvet Revolver /
8. Wyle
Out - Bone Crusher /
9. Here
We Go - Dirtbag /
10. Dis
Dat Block - YoungBloodZ /
11.
Lookin’ For U - Chingy featuring G.I.B. /
12. The
March - Hush/
13.
MKLVFKWR - Moby & Public Enemy /
14. Just
Like Wylin’ - Bone Crusher & Three Days Grace /
15. Did
It Again - Labba /
16. The
Good Song - Tonéx /
HISTOIRE
______________________
Un complot
se trame au coeur de la Maison Blanche. La plus haute
autorité du pays est en danger. Augustus Gibbons
vient lui-même d'échapper à un attentat au sein du
quartier général secret de la NSA. Plus personne
n'est en sécurité...Pour l'aider à déjouer la
machination, Gibbons a besoin d'un nouvel agent XXX.
Pour lui, un seul homme peut mener à bien cette
mission : Darius Stone, un soldat d'élite décoré des
Forces Spéciales, un dur venu du ghetto, expert en
armement et en techniques de combat, et une forte
tête...
BOX
OFFICE DU FILM
______________________
FRANCE
Semaine: 27
avril au 03 mai 20054
Rang: 4
Entrées: 207 910
Cumul: 207 910
Semaine: 04 au 10
mai 2005
Rang: 7
Entrées: 142 419
Cumul: 350 329
USA
Semaine: 29 avril au 02 mai 2005
Rang: 3
Recettes: 13,700,000 $
Cumul:13,700,000 $
Semaine: 06 au 09 mai 2005
Rang: 6
Recette:5,400,000 $
Cumul: 20,782,000 $
Semaine: 13 au 16 mai 2005
Rang: 9Recette: 2,134,772 $
Cumul: 24,340,577 $