06 November 2006
GRAEME REVELL : UN COMPOSITEUR TRES FLUX-IBLE POUR AEON !
« 2011, un
virus décime 99% de la population de la
terre. Le scientifique Trevor Goodchild
parvient à trouver un antidote. Les cinq
millions de survivants habitent alors Bregna,
la dernière citée de la planète.2415, la dynastie des Goodchild fait toujours sa loi. Certains qualifient Bregna de société parfaite. Certains la surnomment « l’apogée de la civilisation humaine ». Mais d’autres savent qu’il en est autrement. Des gens disparaissent, et le gouvernement nie être responsable de ces crimes. Le gouvernement subvient à nos besoins, tant que nous nous tenons tranquilles. Des rebelles refusent d’échanger leur liberté contre une cage dorée. Ces rebelles se font appeler les Monicans… Et j’en fais partie. Ensemble nous nous battons pour renverser un gouvernement qui les réduit au silence, nous nous battons au nom des disparus. »
AEON FLUX est l’adaptation de la série animée du même nom, créée en 1991 par le Sud-Coréen Peter Chung (THE ANIMATRIX, LES CHRONIQUES DE RIDDICK : DARK FURY) et l'américain Howard E. Baker. Et pour son adaptation au cinéma, c’est Karyn Kusama (GIRLFIGHT) qui va donner vie à Aeon (Charlize Theron), héroïne dont la mission sera de vaincre le régime Goodchild qui régit la vie des habitants de la cité, dès leur conception.
Il fallait un Monican de taille pour soutenir Aeon dans sa mission. Ce n’est pas moins de trois rebelles qui se sont succédés avant que Graeme Revell gagne sa première bataille et le droit de combattre musicalement aux côtés d’une Charlize Theron qui ne l’a pas laissé insensible…
« Maintenant on peut aller de l’avant, pour vivre une fois, réellement, et ensuite faire place à des gens qui le feront peut être mieux. Pour ne vivre qu’une seule fois…Mais avec espoir ! »
« I REMEMBER »
Vous avez fait vos débuts musicaux dans
un groupe de rock, SPK. Quelles étaient, à
l’époque, vos relations avec la musique de
film?
Graeme
Revell) La musique de film n'était pas ma
première intention en effet. J'étais plus
intéressé par la musique expérimentale, et
c'est ce que j'ai fait avec SPK pendant près de
dix ans. Nous avons exploré à peu près toutes
les dimensions musicales, de la musique
d'ambiance à la musique ethnique, l'intégration
de sons de machines, de patients d'hôpital
psychiatrique, d'insectes, etc. Dans le même
temps, j'ai toujours été un fan de cinéma, mais
de films non-américains pour la plupart. L'idée
d'écrire pour le cinéma m'a toujours intéressé
car lorsque je joue ou j'écris de la musique,
des images me viennent à l'esprit. J'ai écrit
la musique d'un album appelé Zamia Lehmanni :
Songs Of Byzantine Flowers qui posait les bases
de ma vision de la musique de film. D’ailleurs,
son titre provisoire était : Music For
Impossible Films. Puis le hasard a voulu que
l'une de ces musiques deviennent la bande
originale d'un vrai film.

L'éclectisme a donc toujours fait
partie de votre personnalité.
GR) Tout à fait, et je pense que cela
remonte plus loin qu'SPK. Probablement de mes
origines néo-zélandaises. Je viens d'une petite
île au milieu de nulle part et cet isolement
nous pousse à nous ouvrir vers le monde entier.
Je me souviens qu'à côté de chez moi à Oakland
il y avait une église dans laquelle des
indigènes chantaient à leur façon des hymnes
occidentaux. C'était vraiment différent de ce
qu'on a l'habitude d'entendre comme
interprétation dans ce répertoire, et je crois
que cette mixité m'a beaucoup influencé. A
partir de là, je me suis mis à utiliser tous
les outils à ma disposition pour enrichir ma
culture de tout ce que je pouvais trouver dans
le monde.
Être ouvert d'esprit ne signifie pas
pour autant accepter n'importe quoi. Quelles
sont vos limites, quel genre de film
refusez-vous de faire?
GR) J'ai participé à un film au début de ma
carrière, BASKETBALL DIARIES. Ce fut une
expérience marquante et une leçon. Il y avait
une scène dans laquelle Leonardo Di Caprio
pénètre dans son école avec une arme à feu sous
son manteau et il tue tout le monde. Et peu de
temps après, il y avait l'affaire de Colombine.
Cela m'a appris à refuser les films présentant
ce genre de violence car certaines personnes ne
font pas la différence entre la réalité et la
fiction. Au contraire, je n'ai pas de problème
avec les films d'horreur car c'est un genre
bien spécifique, simplement une version outrée
des histoires de monstres qu'on nous racontait
quand nous étions enfants. Certaines formes de
violence filmée sont parfois trop réelles.

Pouvez-vous nous parler de vos goûts
éclectiques, tout d'abord en matière de musique
classique?
J'aime vraiment toutes les musiques. Mais je
dois dire que j'ai un penchant pour toutes
sortes de plainchant, du mozarabe au grégorien,
et pour la musique baroque, principalement pour
Johann Sebastian Bach qui, pour moi, est le
plus grand. La musique de l'ère classique ne
m'intéresse pas tant que cela, peut-être parce
qu'on l'entend un peu trop. J'écoute beaucoup
le répertoire du milieu du 20e siècle. Pas
nécessairement par plaisir, mais j'estime qu'il
y a beaucoup à en apprendre. Ceci dit, je pense
que la musique classique traverse une période
difficile aujourd'hui. John Adams, Philip Glass
et les minimalistes occupent la place depuis
bien longtemps maintenant, et je ne suis pas
sûr qu'ils apportent encore beaucoup d'idées
nouvelles. J'aime beaucoup les œuvres d'Arvo
Pärt, car je trouve qu'elles ont une âme, et je
regrette de ne pas retrouver cette âme dans les
œuvres des autres compositeurs de cette école.
C'est la raison pour laquelle je commence à
écrire ma propre musique de concert. Je
voudrais faire revenir les gens au concert
classique, qu'ils y trouvent de nouveau des
choses intéressantes et excitantes. C'est mon
projet pour les dix ans à venir!

Et en matière de musique électronique?
GR) J'ai construit mon répertoire en la matière
durant les vacances scolaires de mon
adolescence, du lycée à l'université. Je
dépensais tout mon argent en billets d'avion
pour l'Australie. Il y avait à Melbourne un
magasin de disques qui vendait des albums de
Cluster, Kraftwerk, Harmonia, Brian Eno, et
d'autres groupes électroniques européens comme
Tangerine Green. Ils ont vraiment construit ma
personnalité musique et nourri mon inspiration,
en particulier Neu ! car il était plus
agressif. Pour moi, ils représentent vraiment
la musique européenne d'avant-garde des années
80 aux années 90. Et aujourd'hui, j'écoute
toujours ce genre de musique : Portishead,
Massive Attack, etc.
Vous venez de terminer la partition de
MARIGOLD, la première co-production
Hollywood/Bollywood. Quelles sont les musiques
du monde que vous préférez?
GR) J'adore la musique indienne. Mais
plus généralement, j'aime l'idée que la musique
dépasse les frontières. Si vous écoutez des
musiques de Turquie, de Perse et du Pakistan,
vous vous rendez compte que toutes sont
influencées par la philosophie soufie. Il y a
ainsi des interconnections passionnantes à
découvrir entre les musiques des différents
pays. De la même façon, les plus grands maîtres
de musique traditionnelle indienne ne sont
parfois pas indiens. La musique n'a pas de
frontières et j'aime les franchir avec elle.
J'aime découvrir, apprendre et associer
différentes cultures. C'est ainsi que MARIGOLD
n'a pas été seulement pour moi l'occasion
d'écrire de la musique d'inspiration
traditionnelle indienne, mais plus encore de
l'étudier encore plus en profondeur. Tout ce
que je cherche, c'est faire une contribution
positive à ces cultures.
UN MONDE FUTUR DANS LEQUEL RIEN
N’EST CE QUI SEMBLE ETRE…
"Franchir les frontières", voilà bien
une définition qui sied parfaitement à AEON
FLUX. Comment êtes-vous arrivé sur ce projet?
RG) Ce fut un peu compliqué dans la
mesure où il y avait déjà trois compositeurs
qui s'y étaient essayés sans succès. Je
connaissais l'un d'eux, et c'est comme cela que
je suis arrivé sur ce projet. Il faut dire que
la tâche était un peu délicate. D'une part, je
n'avais que trois semaines pour produire
l'ensemble de la partition. Mais surtout,
d'autre part, le studio avait une vision du
film assez différente de celle de la
réalisatrice et du producteur. Ce fut une
situation finalement assez classique avec trois
points de vue différents dans la même pièce et
l'obligation de composer quelque chose de
cohérent et d'organique. Mais cela ne m'a pas
empêché d'être très inspiré par ce que j'ai vu
la première fois à l'écran.
Qu'est-ce qui vous a plu dans ce projet
et vous a poussé à l'accepter?
GR) J'ai adoré le design…et Charlize
Theron! Je venais de faire une brève apparition
sur CATWOMAN, mais par chance cela n'a pas pu
se concrétiser faute de pouvoir communiquer
aisément avec le réalisateur français Pitof, et
je me disais qu'il est très difficile d'écrire
la musique d'un film d'action féminin. Au
contraire du film d'action de base, on ne peut
en rajouter avec une femme, on ne doit pas en
faire des tonnes, du genre « musique
symphonique » bien lourde et bien virile. Cela
ferait perdre leur crédibilité aux cascades
qu'elle accomplit. Pour moi, il s'agit
davantage d'écrire sur sa sensualité, son côté
sexy, sa féminité, tout en l'accompagnant quand
elle botte quelques derrières!

L'esthétique de votre partition est
très intéressante : une sorte de mélange subtil
entre musique orientale et techno.
GR) Cela vient de la sensibilité
japonaise du design. Mais je n'ai pas voulu que
cela soit trop voyant. Il fallait surtout créer
l'équilibre entre cette dimension féminine et
le traitement techno de l'action inspiré de la
série originale.
Cette dimension orientale se ressent
tout particulièrement dans les glissandi de
cordes que l'on remarque dès le début du film.
GR) En fait, ces glissandi sont le
produit d'un programme de mon synthétiseur.
J'ai d'abord essayé de le faire avec de vraies
cordes, mais cela ressemblait à un cliché de
musique arabe. C'est la raison pour laquelle
j'ai essayé d'obtenir le résultat que je
souhaitais par d'autres moyens.

La dimension techno de votre musique
est-elle plus inspirée par la techno que l'on
trouve de plus en plus en musique de film ou
bien par celle produite dans le cadre de
concerts et d'albums?
GR) J'ai toujours été un fan de techno, en
particulier depuis les Chemical Brothers qui
ont su lui faire atteindre un niveau de force
et d'agressivité que j'apprécie tout
particulièrement. Auparavant, c'est plutôt en
tant que prolongement du disco que je l'aimais.
Comme vous le soulignez, la techno est très
utilisée dans les films plus spécifiquement
orientés vers un public de jeunes adultes, et
c'est souvent l'occasion de faire quelque chose
de plat. Il faut dire qu'il est difficile de
raconter une histoire avec la techno, elle ne
véhicule pas spécialement de sens narratif :
elle exprime plutôt la vitesse et l'action.
C'est la raison pour laquelle j'ai opté pour
ces mélodies orientales sinueuses qui
s'ajoutent à la rythmique. C'est cela le plus
important car c'est par elles que la connexion
se fait avec les personnages et leur histoire.

Justement, pouvez-vous nous détailler
votre approche du personnage d'Aeon Flux?
GR) Il y a deux dimensions dans Aeon
Flux. D'abord, l'idée d'un voyage, d'une quête,
celle de la vérité sur la société dans laquelle
elle vit. Ensuite, cette romance avec Trevor,
traitée de façon plus traditionnelle, à travers
des cordes romantiques avec une touche de
Bartok. J'ai eu l'idée de cette note
bartokienne en considérant la confusion qui
règne dans cette relation. D'un côté, ils ont
ces souvenirs communs de leur vie passée, et de
l'autre elle le déteste et projette même de
l'assassiner… C'est ce mélange de sentiments
contradictoires que j'aime en musique de film.
L'amour venant s'immiscer dans un projet de
meurtre…. C'est vraiment une histoire d'amour
classique! (rires)
L'importance de l'héroïne n'est pas
sans conséquence sur la thématique générale du
film.
GR) En effet. Pour moi, AEON FLUX est le film
d'un seul thème qui évolue tout au long du
film. Il n'y avait pas besoin d'une approche de
type "Leitmotiv" avec un thème pour tous les
autres personnages, un peu à la manière de
celui du Joker ou du Pingouin dans BATMAN. A
l'image de l'esthétique du film, j'ai essayé
d'adopter une même simplicité dans mon approche
musicale.

Quelle a été votre relation au temps
dans le film?
GR) C'est une question intéressante. On
pourrait penser que l'aspect techno et
ambiantal de ma musique est lié au fait qu'il
s'agit d'un film futuriste. Mais quand on y
réfléchit bien, AEON FLUX paraît plutôt
intemporel. Prenez les thèmes du film : l'amour
et la trahison sont des sujets éternels. Seul
le clonage humain revêt une dimension
futuriste. De fait, si l'on veut que le public
se sente impliqué émotionnellement dans cette
histoire, il faut employer des moyens musicaux
intemporels, bien plus conventionnels qu'il n'y
paraît : une approche thématique et orchestrale
très simple et directe. Le futurisme de cette
production doit en fait beaucoup à son
esthétique japonaise, et c'est la raison pour
laquelle je me suis orienté vers certaines
musiques d'ambiance plutôt métalliques,
argentées et liquides. Mais à part certains
instruments originaux, le sentiment que l'on
ressent en visionnant AEON FLUX, c'est vraiment
d'être au présent.
Vous partagez avec Michael Giacchino le
même orchestrateur, Tim Simonec. Comment
travaillez vous avec lui ?
GR) Tim est mon orchestrateur depuis une
quinzaine d’années maintenant. C’est un grand
ami et un merveilleux orchestrateur. Il apporte
son immense talent à mon équipe dans la mesure
où c’est un spécialiste doué de l’orchestration
dans des genres très variés. Nous nous amusons
beaucoup à travailler ensemble. Je crois que
nous formons l’équipe la plus efficace et la
mieux organisée d’Hollywood !
Préférez-vous Charlize Théron blonde ou
brune?
GR) (rires) L'un des meilleurs moments
de la production d'AEON FLUX a été quand
Charlize est venue à mon studio. Elle aime
s'impliquer dans tous les aspects de la
production de ses films. C'est la seule actrice
de mes films à avoir fait cela. Elle m'a posé
toutes sortes de questions sur ma musique et je
l'ai complimenté sur son implication. Et pour
répondre à votre question, quand elle est
venue, elle était blonde. C'est ainsi que je la
préfère! Mais si elle voulait changer de
couleur, je l'apprécierais toujours autant!

L'appréciiez-vous déjà avant de la
rencontrer?
GR) Je l'ai trouvée remarquable dans MONSTER.
Mais maintenant que je la connais, je
l'apprécie aussi beaucoup en tant que personne.
C'est quelqu'un qui a un grand sens des
réalités, quelqu'un de concret et de solide. Et
son petit ami a vraiment beaucoup de chance!
Avez-vous un lien de parenté avec
Ashley Revell, votre monteur musique?
GR) C'est mon frère et mon monteur musique
depuis une dizaine d'années. Il a travaillé en
tant qu'ingénieur dans une station télé
d'Australie et aujourd'hui il m'aide à résoudre
tous mes problèmes techniques.
LOST IN THE FOG
Votre actualité est aussi riche de la
sortie de THE FOG film dans lequel on retrouve
Maggie Grace alias Shannon dans LOST. Qu'est-ce
qui vous a intéressé dans ce projet?
GR) J'aime les défis, et THE FOG en
était un. Je connaissais le film original. Je
le trouvais correct mais sans plus. C'était
l'occasion de tenter de faire quelque chose de
meilleur. De plus, j'étais intéressé par l'idée
de créer une musique qui puisse rendre le
brouillard effrayant. Ce phénomène naturel ne
fait pas peur à priori. Le pire que l'on
risque, c'est de se cogner contre quelque
chose. Le brouillard est aussi quelque chose de
lent. Cela n'a rien à voir avec les films
d'horreur classiques : il ne peut surgir
brusquement de nulle part pour vous sauter
dessus!
En fait, vous avez interprété cette
musique à trois, David Russo, Boris Elkis et
vous-même. Comment vous êtes-vous réparti les
tâches?
GR) J'ai l'habitude d'écrire les
thèmes et les motifs d'un film, de l'arranger
au synthétiseur et de confier cet arrangement à
l'un ou l'autre de mes collaborateurs. Pour THE
FOG, David a travaillé avec moi sur les grandes
scènes d'action effrayantes tandis que Boris a
travaillé avec moi sur les origines de cette
malédiction et de ces fantômes avec des
sonorités de boîte à musique et de piano.
Chacun d'eux s'occupant de la programmation à
sa façon, cela permettait de diversifier mon
approche sur une même ligne directrice.
Avez-vous souhaité créer un lien avec
la musique originale du film de John Carpenter?
GR) Il y a un lien dans la mesure où
le motif principal a été écrit pour le piano
mais je n'ai pas souhaité me replonger dans le
film original. J'ai l'ai vu il y a une
vingtaine d'année et je me souvenais
suffisamment. Le problème pour un compositeur,
c'est que, si vous écoutez quelque chose, cela
vous reste dans la tête et l'on arrive pas à
s'en dépêtrer. Si je l'avais fait, je n'aurais
pas pu prendre la distance nécessaire et je
crois que je n'aurais fait que de la copie. Il
y a certes une forme d'hommage dans ma musique,
mais en même temps, c'est une approche nouvelle
du sujet, pour un nouveau film.
Quand on regarde vos dernières
productions, on remarque la diversité des
moyens que vous utilisez pour chaque film. Par
exemple, pour un phénomène naturel comme THE
FOG, vous faites uniquement appel à des
sonorités de synthèse, alors que pour un jeu
vidéo comme CALL OF DUTY 2, vous faites appel à
un orchestre symphonique live. Comment
choisissez-vous les outils de votre expression?
GR) Je réagis un peu comme cette façon
histoire célèbre dans laquelle Alfred Hitchcock
présentait son dernier film à Bernard Herrmann
pour qu'il en fasse la musique. A la fin de la
projection, Bernard Herrmann s'était mis à
rire, et Hitchcock lui a demandé pourquoi, ce a
quoi le compositeur a répondu : "parce que je
viens d'entendre la musique de ce film et que
vous non!" C'est la même chose pour moi, comme
pour bon nombre de compositeurs de musique de
film. Quand on voit quelque chose, on imagine
immédiatement la musique qui va avec. C'est
ainsi que j'ai entendu l'intégralité de la
partition d'AEON FLUX dès la première fois on
l'on m’a présenté le film. La différence avec
CALL OF DUTY 2 ne vient pas du fait que ce
dernier est un jeu électronique, mais que le
but des images est d'être aussi réalistes que
possible. Et la musique fait partie intégrante
de ce projet. De fait, elle devait être aussi
organique que possible et être jouée par un
véritable orchestre. Il fallait que le joueur
se sente comme s'il faisait partie de
l'histoire, comme s'il se retrouvait à
l'intérieur de BAND OF BROTHERS ou de IL FAUT
SAUVER LE SOLDAT RYAN. Si j'avais opté pour une
partition électronique, on aurait eu
l'impression de jouer à un jeu dans le style de
Doom. Or, c'était tout le contraire qui était
visé. Un autre élément important à considérer
est la destination du film. Quand vous avez à
mettre en musique une scène d'amour pour un
film destiné à un public entre 50 et 60 ans,
vous allez utiliser des cordes, alors que si la
cible est un public d'une vingtaine d'années,
il faudra plutôt penser à une chanson ou à
quelque chose d'électronique.
Sur quoi travaillez-vous en ce moment?
GR) En dehors de mon projet de musique de
concert, j'essaie d'avoir un peu de temps libre
en ce moment pour pouvoir me consacrer à
d'autres questions. J'ai toujours été actif sur
le plan politique, et je pense que les
Etats-Unis ont vraiment besoin d'aide en ce
moment. Je n'en dirai pas plus…mais je
travaille là-dessus.
Si vous pouviez faire appel à une
héroïne pour vous aider, qui cela serait-il?
GR) Sans hésiter : Aeon Flux! Il y a une des
tenues du film qu'elle porte lorsqu'elle sort
du lit et que j'ai particulièrement appréciée.
J'ai dit à Charlize : "si tu la vends, je suis
preneur!". Et elle m'a répondu : "je te la
vends si tu la portes le jour de la Première!".
Je dois avouer que j'y ai songé!... Puis je me
suis imaginé là dedans!...(éclats de rires)
