LOI BATTLE ROYALE :
ARTICLE 1 – BUT DE BATTLE ROYALE
Battle Royale a été instituée dans le but de former
une nation saine de corps et d'esprit.
ARTICLE 2 –
PARTICIPANTS A BR
est
destinée une fois par an à une classe choisie parmi
toutes les classes de 3ème de collège du pays,
c'est-à-dire au terme de la période d'éducation
scolaire obligatoire.Cette loi s'applique à toute
la population sans distinction de sexe, de race, de
religion ou de condition sociale.
ARTICLE 3 – ORIENTATION GENERALE DE BR
Toutes les personnes soumises à cette loi
doivent se battre joyeusement, en s'amusant, et
avec combativité.
ARTICLE 4 – OBLIGATION IMPOSEE AUX
PARTICIPANTS DE BR
Tous les
participants à BR ont pour obligation de se battre
loyalement.Aucun d'entre eux ne doit refuser le jeu
ou tenter de l'entraver.
ARTICLE 5 – MESURES JUDICIAIRES
SPECIALES POUR LES PARTICIPANTS A BR
Les participants à
BR sont exempts de toute punition judiciaire et
sont autorisés à commettre des meurtres sur les
autres participants, à provoquer des incendies et à
se servir d'armes de toute nature, y compris les
matières médicamenteuses. Cependant il leur est
interdit de se révolter contre le professeur
superviseur et contre les membres du comité,
d'entraver leur action ou de se venger contre eux.
Ceux qui commettent de tels actes seront sévèrement
punis.
ARTICLE 6 – GAGNANT DE BR
BR se conclut par la victoire d'un seul et unique
gagnant. Aucune dérogation à cette règle n'est
possible.
ARTICLE 7 – VIE DU
GAGNANT DE BR
La
vie du gagnant de BR sera entièrement subventionnée
par l'Etat. Il aura le statut de citoyen modèle et
sera un exemple à suivre pour former une nation
saine de corps et d'esprit. Toute la population
participera donc au financement de la vie du
gagnant.
PROLOGUE
De
la salle de classe d’un collège de Shiroiwa à l’île
déserte de Kyushu, il ne pourra y avoir qu’un
billet aller pour 41 des 42 élèves de la 3ème B.
C’est l’absentéisme et la violence scolaires de ce
Japon du XXIème siècle qui ont amené l’institution
de cette loi visant à apprendre le respect et
l’humilité aux jeunes. Cette année, c’est la classe
du professeur (Takeshi) Kitano qui a été désignée
pour participer à cette tuerie à mi-chemin entre le
jeu vidéo et la télé-réalité.
Un film qui ne laisse pas indifférent de par son
traitement de la violence, tant du point de vue
objectif que subjectif. Si la musique originale
accompagne au plus près les tragiques événements
qui se déroulent sur cette île, la citation de
morceaux classiques apporte un regard tantôt
distancié, tantôt cynique sur ces atrocités. C’est
ainsi que, par exemple, le massacre d’une étudiante
au pistolet mitrailleur est mis en musique avec
l’Aria de la SUITE EN RE MAJEUR BWV 1068 de Johann
Sebastian Bach ou que le compte rendu matinal des
morts de la veille par le professeur Kitano est
accompagné tantôt de façon douceureuse par LE BEAU
DANUBE BLEU de Johann Strauss II, tantôt sur le
mode badin -et finalement sordide- par la MARCHE DE
RADETZKI de Johann Strauss père. Tel est le
redoutable et puissant second degré qu’introduit la
musique dans BATTLE ROYALE selon le désir très
éclairé du réalisateur Kinji Fukasaku, magnifié par
l’interprétation et l’écriture magistrale du
compositeur Masamichi Amano aux commandes de
l’orchestre Philharmonique de Varsovie. A
l’occasion de la sortie en DVD de l’édition
collector de BATTLE ROYALE et de BATTLE ROYALE :
REQUIEM, nous avons eu l’honneur de nous entretenir
avec ce musicien unique, à la fois créateur inspiré
et gardien de la mémoire du regretté réalisateur,
décédé au cours du tournage de ce second opus
(relayé ensuite en cela par son propre fils,
Kenta).
COMMENCEMENT DU JEU…
Pour vous, comment a débuté l’aventure
BATTLE ROYALE ?
Masamichi Amano
J’avais composé en 1991 la musique du dessin animé
GIANT ROBO de Yasuhiro Imagawa, que j’avais
enregistrée avec l’Orchestre Philharmonique de
Varsovie, et le réalisateur de BATTLE ROYALE Kinji
Fukasaku l’avait beaucoup aimée. Il m’a donc
demandé en 1999 d’écrire la musique de son film
OMOCHA (LE JOUET). Comme il l’a également beaucoup
aimée, il m’a commandé la musique de BATTLE ROYALE.
Pour vous, à quel genre cinématographique
BATTLE ROYALE appartient-il ?
MA) Bien qu’apparemment il semble s’agir d’un film
violent de base, si l’on y regarde de plus près, on
s’aperçoit que la mort y est représentée de façon
détachée. C’est là tout le paradoxe de ces films
qui n’ont en fait d’autre but que de parler de
l’importance de la vie.
Quel est votre sentiment à propos du
message des deux BATTLE ROYALE : la loi du plus
fort, l’échec des adultes dans l’éducation de la
jeunesse, la survie, la régression de l’homme à
l’état d’animal ?
MA) Il s’agit d’une question essentielle.
Pour moi, ce qui ressort le plus des images de
Kinji Fukasaku, c’est l’importance de la vie. Toute
l’oeuvre du réalisateur est marquée par une
certaine froideur au niveau de l’expression. La
mort humaine y est représentée d’une façon quasi
indifférente, sans aucun sentiment. C’est un trait
que l’on retrouve constamment dans ses films, comme
en témoigne son chef-d’oeuvre, la série SHIN JINGI
NAKI TATAKAI, COMBAT SANS CODE D’HONNEUR, dans les
années 1970.
Comment cela s’exprime-t-il dans votre
musique ?
MA) Ma musique est aussi très froide dans
un certain sens. Mais à l’inverse de cette
froideur, il ne faut pas oublier que le véritable
message de Kinji Fukasaku se rapporte à la relation
entre la nature profonde de l’être humain et son
coeur. De fait, il y a de la passion qui sourd de
ma musique, mais qui se consume doucement tandis
que la froideur prend le dessus.
Pouvez-vous nous parler de votre relation à
l’image, en tant que compositeur ?
MA) Que ce soit sur BATTLE ROYALE ou sur toutes mes
autres musiques, je prends les choses toujours très
au serieux. Mais surtout, j’écris une musique de
telle sorte qu’elle puisse collaborer le plus
efficacement possible avec l’image. Qui plus est,
même si on n’en a pas vraiment conscience, la
musique vous laisse une image mentale et agit sur
vous de façon indépendante, selon ses moyens
propres. La musique de film est aussi une musique à
part entière.

BATTLE ROYALE ne se résume pas à sa violence.
On y croise en même temps tout un éventail de
sentiments et réactions : amitié, amour, entraide,
combativité des jeunes face à la haine des adultes.
Comment avez-vous traité la personnalité de ces
adolescents impliqués malgré eux dans cette tragique
aventure et réagissant chacun à sa façon, selon sa
personnalité, par la lutte organisée ou par le
suicide collectif ?
MA) Que ce soit BATTLE ROYALE 1 ou 2, les deux films
mettent en jeu des sentiments d’une grande
complexité. De plus, dans la mesure où il s’agit
d’une histoire de collégiens, il fallait prendre en
compte le fait qu’ils ont un rapport aux sentiments
différent des adultes. L’orchestre symphonique est
pour moi un outil précieux dans l’expression de ces
émotions. L’intérêt de BATTLE ROYALE vient du fait
qu’il me permettait d’explorer cette complexité, ce
qui n’avait pratiquement jamais été fait auparavant.
Avez-vous reçu des demandes spécifiques de la
part de Kinji Fukasaku ?
MA) Il tenait absolument à ce que la musique de
BATTLE ROYALE soit interprétée par le Philharmonique
de Varsovie, et qu’y figurent des oeuvres du
répertoire classique.
Je pense qu’il avait un rapport très spécial à ces
pièces classiques.

QUAND MASAMICHI DEVIENT MASAMICZ…
Après vos études classiques au
Japon, vous vous êtes spécialisé en Autralie dans le
domaine de la musique électronique. Comment avez-vous
utilisé ces techniques dans vos musiques ?
MA) J’ai utilisé
l’électronique dans un grand nombre d’albums pour
différents artistes, dans mes films d’animation ainsi
que dans mes oeuvres de concert. Je pense par exemple
au concert qu’a donné Isao Tomita à New York, et plus
précisement à Yokohama, dans la série « Sound Cloud
». De la même façon, la série de films d’animation
UROTSUKI DOJI (1989-1993, récompensée aux festivals
du film fantastique de Paris et de Rome), fait appel
à toutes sortes de sonoritées électroniques.
Pour BATTLE ROYALE, vous êtes revenu à
l’orchestre live. Pourquoi avez vous rejeté tout
électronique, vous éloignant de fait de l’aspect jeu
vidéo de ces films ?
MA) De nos jours, le fait de faire appel à des
instruments électroniques comme les synthétiseurs
dans le monde du cinéma japonais donne une image
négative de film à petit budget. Presque tous les
japonais considèrent qu’un grand film hollywoodien
doit faire appel à un grand orchestre, et le fait est
que les américains investissent beaucoup dans la
musique de leurs films. Kinji Fukasaku voulait que le
public reconnaisse BATTLE ROYALE comme un film de ce
niveau au Japon. Par conséquent, il a voulu que
l’orchestre soit pris en compte au premier chef dans
la production, une véritable première
cinématographique au Japon.
Pouvez-vous nous parler de votre
collaboration avec l’Orchestre Philharmonique de
Varsovie ?
MA) Tout a commencé avec l’enregistrement de la bande
son du film d’animation de GIANT ROBO en 1992. A
partir de là, notre collaboration s’est poursuivie
avec un grand succès, d’autant plus que les membres
de l’orchestre avaient plaisir à jouer mes oeuvres.
Après avoir travaillé au Japon puis en
Australie, qu’est-ce qui vous a intéressé dans le
fait de travailler en Europe ?
MA) L’Europe est, comme vous le savez, le
berceau de la musique occidentale. Bien que les
musiciens japonais aient fait d’énormes progrès dans
l’interprétation de ce répertoire, cela ne vaut
toujours pas l’interprétation des musiciens
européens. Par exemple, il y a un esprit et une
individualité toutes françaises dans la musique de
votre pays. De la même façon, la musique polonaise
possède une expressivité qui lui est propre. Si les
musiciens japonais sont techniquement irréprochables,
il reste un élément qu’on appelle « le goût » qui est
l’un des plus importants en musique. J’ai l’habitude
d’enregistrer en studio avec des orchestres au Japon.
Seulement, l’interprétation d’un musicien japonais
est souvent très scolaire, c’est à dire qu’il se
contente de jouer les notes écrites sur la partition,
selon le rythme indiqué par le compositeur, mais sans
qu’il s’en dégage de véritable musique. A l’inverse,
chaque membre du Philharmonique de Varsovie comprend
les moindres détails de mes partitions et produit
toujours le plus haut niveau d’interprétation. On
peut vraiment parler de Musique.
Pouvez-vous nous parler de votre approche de
l’orchestration dans BATTLE ROYALE ?
MA) Il s’agit d’une orchestration classique
la plupart du temps, enregistrée telle quelle.
Pourtant, à certains moments, nous avons délibérement
créé un déséquilibre en faveur des aigus (par exemple
des harmoniques artificielles aux cordes) ou en
faveur des graves, tout cela suivant l’impulsion du
réalisateur.
On ressent beaucoup de douceur dans
l’interprétation des cordes.
MA) Un instrument à cordes peut jouer selon toute une
gamme d’expressions. La douceur du coup d’archet peut
tout aussi bien exprimer la force et même la
violence. Kinji Fukasaku aimait faire appel aux
instruments à cordes pour exprimer la douceur. C’est
dans cet esprit que nous les avons employés la
plupart du temps dans BATTLE ROYALE.
Au contraire, les cuivres paraissent plus
puissants et plus agressifs. A l’image de la musique
russe des 19ème et 20ème siècles jusqu’à Dmitri
Chostakovitch.
MA) La section de cuivre du Philharmonique
de Varsovie est particulièrement puissante et possède
un timbre tout à fait spécifique qui apporte beaucoup
de force à l’expression. C’est un sentiment qui est
différent de ce que l’on peut ressentir avec
n’importe quel orchestre du Japon et même d’Europe de
l’Ouest. Il est donc naturel que vous pensiez à la
musique russe du 19éme siècle ou à celle de Dmitri
Chostakovitch. C’est précisement le son que je
recherchais. C’est aussi le répertoire de
prédilection du Philharmonique de Varsovie.
PAVANE POUR UNE ENFANCE DEFUNTE
Quelles relations avez-vous instaurées entre
votre musique originale et la musique classique ?
MA) J’ai fait en sorte qu’on détecte le
moins possible les différences entre ma musique et
les morceaux classiques, c’est à dire que les deux
devaient former une seule et unique bande son, un
tout homogène. De fait, si une partie du public n’a
jamais entendu le Dies Irae du REQUIEM de Giuseppe
Verdi, je compte sur le fait que les autres ne
puissent pas détecter où commence ma musique. On
racconte qu’il y a même eu des spectateurs qui se
sont plaints de ne pas retrouver ma musique sur le cd
du REQUIEM du compositeur italien!
Vous parliez tout à l’heure d’une approche
distanciée de la violence. Cela se ressent à travers
la douceur de certaines pièces comme l’ARIA de Johann
Sebastian Bach qui apporte une dimension quasi
hypnotique voire subliminale au visuel. Est-ce un
moyen d’aider le spectateur à supporter un tel
déferlement de violence ?
MA) On peut répondre à une scène violente
par de la musique violente. Cependant, on peut créer
un effet intéressant en prenant le parti inverse.
Cette méthode est à la base de l’esthétique
cinématographique de Kinji Fukasaku. Seulement, le
risque est que, si vous faites la moindre erreur, ne
serait-ce que pour un instant, cela affecte tout le
reste. Le tout est donc de doser avec beaucoup de
précaution l’écart entre l’action et son traitement,
en particulier musical.
Quelles sont les différences musicales entre
BR1 et BR2 ?
MA) BR2 possède une musique plus axée sur la
description de situations que sur les sentiments par
rapport à BR1. Il y aussi beaucoup moins de musique
classique dans BR2, mais c’était l’intention du fils
de Keniji Fukasaku, qui a achevé l’oeuvre de son
père, disparu au cours du tournage de ce second opus.
Kenta Fukasaku m’a demandé pas moins de 180 minutes
de musique…sachant que le film ne devait durer que
deux heures ! Quoi qu’il en soit, il a prouvé qu’il
connaissait aussi bien la musique que son père, ce
qui fait que cette nouvelle collaboration fut tout
aussi passionnante pour moi.
Avez-vous entendu parler d’un BR3 ?
MA) Pour le moment, il n’en est pas question,
notamment en raison d’un très triste incident qui
s’est déroulé il y a peu dans la ville de Sasebo,
dans la province de Kyushu. Une élève a poignardé une
de ses camarades qui est morte de ses blessures. Dans
la mesure où elle s’est dite influencée par Battle
Royale (le roman original et non pas le film), tout
le travail lié à BR a été immédiatement stoppé, et ce
pour une durée indéterminée.
NOUVEAU DEPART EN VOYAGE
Vous avez collaboré avec d’autres orchestres
européens, comme les Solistes de Versailles.
MA) J’ai fait trois cd avec eux, parmi lesquels deux
musiques de films d’animation japonais : RUIN
EXPLORERS et FAM & IHRLIE. Leur interprétation était
vraiment merveilleuse et j’ai découvert à travers eux
ce qu’est vraiment l’esprit français. J’aimerais
vraiment pouvoir retravailler avec eux.
Pouvez-vous nous parler de vos autres
compositions ?
MA) J’écris beaucoup de musique sérieuse, et
ce tant pour des ensembles de chambre que pour des
ensembles à vent. Mes oeuvres ont été jouées dans le
cadre de la WASBE, World Association for Symphonic
Bands and Ensembles, en Suède, il y a deux ans, ainsi
qu’à la Midwest Band Clinic à Chicago l’année
dernière. Je compose aussi parfois pour instruments
traditionnels japonais. On peut trouver toutes ces
oeuvres sur cd.
Quels sont vos projets ?
MA) Je suis en train d’écrire la musique d’un tout
nouveau film d’animation, mais mon plus grand travail
actuellement consiste en la supervision et la
composition des musiques des 62èmes rencontres
athlétiques nationales, l’équivalent japonais des
Jeux Olympiques, qui auront lieu en 2007.
LE POINT DE VUE DE L’ORCHESTRE
L’aventure BATTLE ROYALE n’aurait pu
être possible sans les liens très étroits qui
unissent maintenant depuis des années Masamichi Amano
et l’Orchestre Philharmonique de Varsovie. Une
collaboration entre respect et dévotion, tant du côté
du compositeur que du côté de l’orchestre. Pour
preuve, en guise de conclusion, nous avons demandé à
Wojciech Nowak, directeur délégué du Philharmonique,
de nous parler de son travail au sein de l’orchestre
et de ses relations avec la musique de film. Il faut
dire que Wojciech Nowak a été capital dans la
réalisation du projet BATTLE ROYALE, véritablement au
centre de l’événement : « Je suis directeur délégué
de l’Orchestre Philharmonique de Varsovie depuis
1998. Auparavant, je travaillais dans la
représentation de différents artistes. J’ai notamment
participé à l’organisation des tournées et des
enregistrements de l’orchestre depuis 1985 avant que
le directeur général et directeur artistique de
l’orchestre, Kazimierz Kord me demande de le
rejoindre en tant que directeur délégué. C’est grâce
à un ami commun que j’ai pu rencontrer monsieur
Amano, au moment où il recherchait un orchestre pour
un projet d’enregistrement dans les années 90.
Depuis, nous avons réalisé bon nombre de projets avec
lui, notamment des musiques d’animation, de jeux
vidéo, et surtout des films BATTLE ROYALE. Ce fut un
travail complexe mais vraiment passionnant. A cette
occasion, j’ai même eu le privilège de pouvoir
rencontrer le réalisateur des deux films, Kenji
Fukasaku, au Japon. Ce fut un grand moment car c’est
un homme très intelligent et d’une grande culture
musicale. » La puissance de la musique de BATTLE
ROYALE tient à la magie de cette rencontre entre un
homme et un orchestre, la musique classique et la
musique de film, et finalement entre deux cultures
pas si éloignées l’une de l’autre. « L’orchestre
possède un magnifique son slave. Il a l’habitude de
jouer l’ensemble du répertoire classique, mais il
privilégie la musique du 20e siècle. Il était donc
naturel pour nous de s’intéresser à la musique de
film. C’est une part importante de la culture
actuelle, et bien souvent, c’est même la musique qui
sauve le film !... L’enregistrement des musiques de
BATTLE ROYALE fut un grand moment pour l’orchestre.
Il faut dire que monsieur Amano connaît très
précisément, presque intimement, toutes les
possibilités du Philharmonique. Il compose pour lui,
en toute connaissance de cause. Je dirais qu’il a une
véritable empathie avec l’orchestre, d’autant plus
que c’était aussi lui qui dirigeait la musique des
deux films. » Une expérience qui a donc marqué le
Philharmonique de Varsovie, à tel point que son
directeur artistique a souhaité développer encore
davantage les activités cinématographiques de
l’orchestre : « Nous enregistrons beaucoup de musique
de film polonaise ainsi que japonaise. Dernièrement,
l’un de nos projets les plus significatifs a été
l’enregistrement de la musique du PIANISTE de Roman
Polanski, film dans lequel on peut même voir notre
orchestre ! »