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- : :  Robin BRUYAT - Animateur 3D - Dessinateur BD : : -

 

La Véritable Histoire du Chat Botté, racontée par:

Robin Bruyat.


 

A la mort de son père, P'tit Pierre, un jeune meunier, hérite d'un étrange chat qui parle comme un humain et semble doué de pouvoirs magiques grâce à de bien belles bottes... Ce chat baratineur, chanteur et danseur, va tout faire pour que son jeune maître, éperdument amoureux de la princesse Manon, puisse la conquérir. Mais sur leur chemin ils rencontreront l'infâme chambellan du Roi, son horrible bossu ainsi qu'un méchant ogre pas joli du tout...

En attendant la sortie en DVD de "La Véritable Histoire du Chat Botté" le film de Pascal Hérold, Jérôme Deschamps, Macha Makeïeff, prévue le 07/10/2009, voici de quoi vous faire un peu patienter. Nous vous présentons un artiste de l'ombre, dont le métier est non pas derrière la caméra, mais derrière des écrans d'ordinateurs. Robin BRUYAT, jeune français passionné par le dessin se présente à vous. Comme le disait Pierre Corneille, "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"

 

 

Robin BRUYAT, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes?

Je m'appelle Robin Bruyat, j'ai 24 ans. Je suis né à Paris, et j'ai beaucoup déménagé dans ma vie. Le dernier déménagement en date est celui qui m'a amené à Annecy avec ma chérie, soit mon 14ème déménagement, environ. Je suis un peu (beaucoup ?) cyclothymique, tantôt joyeux et enthousiaste, tantôt franchement dépressif. ^_^

 

Quelles formations avez-vous suivies ?

Houlà, ça a été assez mouvementé. Après le lycée je me suis lancé en maths-sup, plus par souci de faire plaisir à mes professeurs et à mes parents. Ça peut paraître puéril et inconscient mais... ça l'est. Ça me paraît idiot aujourd'hui, mais on ne se rend pas toujours compte pour quelles véritables raisons on fait tel ou tel choix quand on est jeune. Evidemment, à 24 ans je suis toujours jeune, mais j'ai appris beaucoup ces dernières années.

Après 3 mois passés en maths-sup, donc, j'ai décidé que cette manière d'enseigner façon 1910 était décidément trop arriérée. J'ai donc voulu rester dans le domaine scientifique et me tourner vers un tout autre type d'enseignement. Ce fut ma seconde erreur d'orientation. Je me suis ainsi retrouvé à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC) pour effectuer un Tronc Commun en vue de préparer une spécialisation dans le Génie Informatique. Malheureusement, même si mes résultats étaient tout à fait correct, je me suis rendu compte au bout d'un an et demi que ça ne suffisait pas à me motiver, et j'ai abandonné cette voie.

Après avoir bien réfléchi, j'ai essayé de trouver un compromis entre ce que j'avais l'impression qu'on attendait de moi – à savoir mettre à profit mes facilités en sciences, notamment en maths – et ce que je voulais faire depuis tout petit, à savoir dessiner. Mais comme tout le monde nous le rabâche, on ne vit pas du dessin, surtout quand on veut faire de la BD. J'ai alors opté pour l'animation 3D, qui semblait rassembler tout ces critères, avec en plus la gloire potentielle de participer à des projets cinématographiques, ce qui m'avait alors bien fait briller les yeux.

Je me suis donc tourné vers une école parisienne, et après avoir suivit un an de formation en infographie (Photoshop, Illustrator, InDesign...), j'ai suivit une formation de deux ans en alternance aux techniques d'animation 3D, de la modélisation des personnages à leur animation, en passant par l'écriture de scénarii, les dessins préparatoires, l'éclairage des scènes 3D, et tout ce qui touche à la réalisation d'un court-métrage d'animation.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

Pendant ma formation en alternance, j'ai travaillé deux ans dans le service graphique d'une célèbre enseigne de cosmétiques à Paris. Puis j'ai travaillé sept mois sur la production du film d'animation ''La Véritable Histoire du Chat Botté''.

 

Pouvez-vous nous présenter en images et quelques notes vos précédents travaux ?

Hum... Je pense que le plus simple serait de vous rendre sur mon site professionnel, ou sur mon blog BD pour vous faire une meilleure idée de mon travail jusqu'à aujourd'hui. Tout résumer ici serait un peu long. Mon travail en alternance a été certes utile, mais principalement technique et d'une utilisation majoritairement interne à la société. Vous montrer des schémas de plans de magasins ou de retouche d'images serait peu attirant. Il en est de même pour ma participation à la production du film 'La Véritable Histoire du Chat Botté''. Je ne dénigre pas mon travail, mais je précise simplement qu'il était majoritairement technique, et par conséquent il n'y a pas grand chose à montrer.

 

Quelles sont vos ambitions ?

Mon ambition actuelle serait de trouver un travail alimentaire, et profiter de mon temps libre pour me concentrer sur le dessin, ma vraie passion. Je n'ai pas forcément la prétention d'être édité un jour, je vois plutôt ça comme un super bonus éventuel. Ma motivation est d'améliorer mon trait pour être capable de raconter les histoires qui m'intéressent, sous forme de BD.

Ça peut sembler bizarre, voir franchement égoïste de mettre de côté quelque chose d'aussi intéressant à priori que la production cinématographique, mais même si cela m'intéresse, ça ne me motive pas suffisamment pour avoir envie d'y passer ma vie. J'ai 24 ans, mais personne ne sait combien de temps durera sa vie. Si je peux vivre vieux, j'aimerais être fier de ce que j'ai fait dans ma vie, et avant tout d'avoir réalisé la majorité de mes rêves. Mon plus grand rêve s'est déjà réalisé au delà de toutes mes espérances. Il s'agissait de trouver la femme de ma vie. Ça peut sonner fleur-bleue et naïf aux yeux d'une majorité d'aigris, mais qu'y puis-je ? Je suis fleur-bleue.

La production de film est extrêmement intéressante, et je ne dénigre aucun de ces aspects. Personnellement, cela me prend tellement de concentration et d'énergie que je n'ai plus la force de faire ce que j'aime une fois rentré chez moi. Ceux qui vivent une aventure émotionnelle aussi forte que la mienne me comprendront quand je dis qu'il est plus important de privilégier la réalisation de ses rêves et de passer du temps avec ceux qu'on aime plutôt que de chercher à tout prix à briller en société par le travail. Je n'ai rien à prouver à qui que ce soit et mon ambition et celle du chemin du bonheur.

 

 

Quels sont vos gouts en matière d’arts ?

J'ai reçu une éducation musicale classique, et de ce fait j'aime écouter Mozart, Carl Orff, César Franck, Paul Dukas et Camille Saint-Saens, et j'apprécie les musiques de films, mais mon univers musical de prédilection reste le métal. Le métal symphonique, le métal progressif, le death métal mélodique, l'électro-indus, le hard rock, le heavy metal, le metal funk, le metal prog symphonique et le nu-metal. Mon trio préféré est composé de Metallica, Dream Theater et Tool. Je pourrais vous faire une liste de tous mes groupes favoris, mais ça risque d'être long et tout le monde s'en fout. En plus, je suis fainéant.

Point de vue cinéma, j'adore les réalisateurs Quentin Tarantino, Peter Jackson, Woody Allen, Darren Aronofsky, Tim Burton, les frères Cohen, Guillermo del Toro, Terry Gilliam, Zack Snyder, les frères Wachowsky, Chris Nolan, mais je regarde aussi pas mal de mangas comme Hellsing, Vampire Hunter D, Cowboy Bebop, Gankutsuou, les Miyazaki, Ghost in the Shell, Steamboy et j'en oublie. Je regarde aussi pas mal de série TV, comme Battlestar Galactica (cela dit en passant la meilleure série télé jamais réalisé, à tout les niveaux), Heroes, Lost, Six Feet Under, Dexter, True Blood, Nip/Tuck ou encore Scrubs.

Pour ce qui est de la peinture, mes artistes préférés sont Delacroix, Bouguereau et Magritte, mais j'aime aussi beaucoup Escher et Gustave Doré, et plus récemment Alan Lee et John Howe.

En littérature, je suis très science-fiction et fantastique (Tolkien, Eddings, Timothy Zahn, pour ne citer qu'eux), mais j'apprécie aussi beaucoup les œuvres plus classiques comme celle de Dante Alighieri, Cervantès et Alexandre Dumas.

Pour ce qui est des jeux vidéos, j'ai toujours été un grand fan de jeux de gestions, comme Sim City ou encore les premiers Civilization. Dernièrement j'ai rejoué aux premiers Heroes of Might and Magic, qui n'ont jamais perdu de leur charme à mes yeux. Sinon, parmi les titres plus récents, je peux citer le merveilleux Ôkami, Star Wars le Pouvoir de la Force, ou encore le meilleur jeu du monde à mes yeux : Guitar Hero Metallica. Dommage qu'il n'y ai pas un peu plus de chanson de St Anger dessus. J'ai aussi hâte de jouer à Dante's Inferno, Batman Arkham Asylum et à Brütal Legend, qui s'annoncent tout trois mythiques.

 

 

Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Je vais répondre ici pour le domaine du dessin, puisque c'est le domaine sur lequel j'ai choisi de me concentrer. Et j'insiste sur le verbe ''choisir''.

Mon inspiration principale restera toujours Gotlib pour le dessin et Goscinny pour les scénarii, même si depuis l'enfance ils ont été cotoyé dans mon coeur par Ayroles, Masbou, Tome, Janry, Turk, de Groot, Franquin, Jodorowsky, Arleston, Tarquin, Yukito Kishiro, Kohta Hirano, Tsutomu Nihei, Takeshi Obata, Tsugumi Ōba, Tsukasa Hōjō, Hiromu Arakawa, Naoko Urasawa, Bruce Timm, Mark Millar, Bryan Hitch, Frank Miller et Alan Moore.

 

Comment êtes vous arrivé sur le projet de « La Véritable Histoire du Chat Botté » ?

Par la bonté d'âme de mon ami Richard qui m'a informé que cette production recrutait. Je cherchais alors du travail, sans succès, et j'ai alors postulé pour faire parti de l'équipe d'animateurs 3D. Malheureusement l'équipe était déjà au complet, mais j'ai eu la chance de pouvoir travailler en tant qu'assistant du Directeur Technique, Ali Hamdan

 

Qu’est ce qui vous a séduit dans ce projet ?

Le design du Chat Botté, alors la seule image disponible en ligne du film, et le fait que quelqu'un ai enfin décider de faire un film sur un conte de fée célèbre en France, fait par des français. Je n'ai rien de chauvin, et je n'ai rien contre les productions d'animations américaines, par ailleurs souvent splendides, mais pour une fois qu'une équipe française s'occupait d'un conte français, on pouvait s'attendre à un film respectueux du texte d'origine.

 

Vous avez travaillé pour « La Véritable Histoire du Chat Botté » en tant qu’infographiste lighting et rendu. Pouvez-vous expliquer aux lecteurs en quoi consistent ces fonctions ?

C'est plus un terme légal générique qui ne correspond que de très loin à ce que tout les ''infographistes lighting et rendu'' ont fait sur ce film. Personnellement, j'ai travaillé à faire en sorte que les scènes 3D soient correctement interprétées par le moteur de rendu, autrement dit que les images soient correctement générées par l'ordinateur, une fois tout le travail de textures, éclairages, cadrages et animations terminé. J'ai eu également l'occasion de faire de petites animations d'objets et de figurants.

 

Quelles sont les qualités indispensables nécessaires pour ce travail ?

Il faut être patient et concentré dans son travail. Il faut savoir travailler sérieusement dans la bonne humeur. Et surtout, il ne faut pas avoir un égo démesuré ou une fierté mal placée, sinon vous aller avoir du mal à bien vivre le fait de devoir refaire plusieurs fois le même travail alors que vous le pensiez terminé. En général les gens comme ça ne font pas long feu dans cette profession.

 

Quels outils (matériel, logiciels,…) utilisez-vous ?

Personnellement j'ai travaillé sur Motion Builder et Maya, ainsi que sur le logiciel de calcul des images développé en interne, le tout sur une station de travail comprenant deux Pcs, avec deux écrans.

 

Un petit commentaire sur la musique, choix, rôle…

Le choix musical (bien que je n'y ai absolument pas participé) a été vraisemblablement de moderniser des airs classiques connus en leur donnant une teinte plus adaptée à l'histoire. Si l'idée est en soit intéressante, j'ai personnellement des doutes quand au choix du groupe ayant composé et interprété ces musiques (Moriarty). Mais encore une fois, c'est mon avis personnel. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas.

 

A quel moment du processus êtes vous intervenu ?

Je suis intervenu à la fin de la production du film. Le projet avait connu un peu plus de cinq ans de production mouvementée, et était officiellement sur les rails depuis trois ans. J'ai donc été embauché pour aider à la fluidification du traitement des images par les ordinateurs, étape finale de la production du film, avant le compositing (traitement colorimétrique des images) et le montage final.

 

Avec qui avez-vous travaillé ? Comment se coordonnent vos travaux avec les autres équipes ?

J'ai donc essentiellement travaillé avec Ali Hamdan, le directeur technique, mais également un peu avec le réalisateur/producteur Pascal Hérold, sur certaines retouches de matte painting. De manière générale, quand je faisais des petits travaux d'appoints pour telle ou telle équipe, il était très facile de se coordonner, car la majorité de l'équipe était présente au même endroit, dans deux salles attenantes. Pour la coordination proprement dite, c'était le travail des responsables des différents départements de se mettre d'accord sur la marche à suivre, sous la tutelle de la directrice de production et en accord avec les réalisateurs.

 

Quelles ont été vos relations avec les réalisateurs ?

Pascal Hérold était majoritairement présent au studio Delacave, où je travaillais avec la quasi-totalité de l'équipe du film, et était toujours de très bonne humeur. Comme tout le monde d'ailleurs. Encore une fois, c'était vraiment une ambiance de travail très agréable, comme sur la majorité des productions de ce genre. Jérôme Deschamps, étant très pris par son travail de directeur de l'Opéra-Comique, était là beaucoup moins souvent. C'est donc Pascal Hérold qui était le réalisateur le plus présent au studio. En un sens c'est normal, car il est à l'origine du projet.

 

Est-il plus facile ou plus contraignant de travailler avec 3 réalisateurs ? Pourquoi ?

A mon sens, le principal responsable de la réalisation a été Pascal Hérold. Mais je tiens à préciser que je n'ai travaillé sur la production que pendant les sept derniers mois. Je ne connais donc pas l'entière étendue du rôle de Jérôme Deschamps et de Macha Makeïeff. Comme je n'ai eu à travaillé qu'avec un seul des trois réalisateurs, ça n'a pas était contraignant du tout.

 

Quel est le public visé par « La Véritable Histoire du Chat Botté » ?

Le public visé est bien évidemment composé d'enfants, mais également d'adultes ayant su gardé leur âme d'enfant. Par ailleurs, l'histoire est parsemée de petits clins d'œil compréhensibles uniquement par des personnes de plus de quarante ans. C'est donc un film familial et grand public.

 

Quels messages ont voulu être transmis ?

Hum... Cette question serait plutôt à poser aux réalisateurs. Pour ma part, je pense que le message principal est qu'en étant persévérant et imaginatif, comme le Chat Botté, on peut parvenir à ses fins, tant qu'on ne blesse pas les gens autour de soi.

 

Quel rapport avec la fable du 17ème siècle ? Comment a-t-elle été modernisée ?

A mon sens l'âme et la ligne narrative de la fable du 17ème a été conservée, et les scénaristes ont brodés autour pour épaissir une fable de quelques pages en un scénario de long-métrage. Les personnages comme le docteur Marcel, un singe bleu parlant, et beaucoup de personnages secondaires ont été ajouté à la fable d'origine et apportent, chacun à leur manière, de la couleur à l'histoire. Le mieux reste encore de lire la fable et de visionner le film pour se faire une idée du travail accompli à ce niveau.

 

Que vous a apporté cette expérience du point de vue personnel et professionnel ?

Du point de vue professionnel, ça a été très enrichissant. J'ai eu la chance de travailler dans la bonne humeur avec une équipe efficace, de tous niveaux. J'ai appris à fonctionner avec des gens heureux d'être là, à travailler sur un projet motivant, par opposition aux autres postes que j'ai occupé par le passé, où les différents départements d'une même boite se tirent sans arrêt dans les pattes. Malheureusement, cette expérience m'a aussi appris que – bien que la production d'un film soit extrêmement intéressante et motivante – si je décidais de me lancer à corps perdu dans cette voie, je ne verrais que très rarement ma chérie, et encore moins mes amis et ma famille, et je n'aurais pas non plus le temps de faire des activités à côté, à moins de dormir cinq heures par nuit, ce dont je ne suis absolument pas capable.

Pour ce qui est du niveau personnel, il est très lié au niveau professionnel, parce que les gens avec qui j'ai aimé travaillé sont aussi ceux avec qui j'aimais discuter lors des pauses. J'en retire des souvenirs impérissables, et si j'étais amené à les revoir, j'en serais très heureux.

 

Il y a une ressemblance à s’y méprendre avec le chat Potté de Shrek, peut-on lire sur internet. Qu’en pensez-vous ?

Je peux comprendre cette réaction, car bien que le costume des deux chats ne se ressemble en rien, ils ont le pelage de la même couleur. Cela suffit à ceux qui aiment s'arrêter aux premières ressemblances pour crier au plagiat. Il faut savoir que le projet de Pascal Hérold était en route bien avant que le personnage du Chat Potté ne fasse son apparition dans Shrek II. Malheureusement, le projet de Pascal Hérold a pris du retard suite à de nombreux et malencontreux rebondissements. Le projet ne tenait parfois qu'à un fil. Ce côté ''fait de bric et de broc'' a valu à la production de se faire surnommer affectueusement en interne la ''Gitan Prod''. ^_^

De plus, il suffit de visionner les deux films pour se rendre compte que les deux personnages n'ont pas du tout la même personnalité. A part la couleur du pelage, il n'y a donc absolument aucun rapport entre les deux chats.

 

Avez-vous souhaité faire dans le style de grands studios, ou vous démarquer ?

Personnellement je n'ai rien souhaité du tout, mais je pense que les réalisateurs et le directeur artistique ont souhaité se démarquer des productions américaines, et faire un film à leur manière, avec un design et des ambiances graphiques réellement différentes.

Quand vous regardez le film, vous pouvez accrocher à l'histoire ou non, comme dans tous les films, mais les qualités graphiques et l'originalité de ce film sont indéniables.

 

Quelles avancées technologiques peut-on découvrir dans « La Véritable Histoire du Chat Botté », en termes d’animation, d’expressions, décors ?

Les images du film sont toutes issues d'un moteur de jeu vidéo amélioré. Pour les néophytes, dans une production classique, on utilise une grande quantité d'ordinateurs mis en réseau – ou ''render farm'' – pour créer les images du film, très lourdes en calcul de données. Un moteur graphique de jeu vidéo a donc permis d'économiser l'emploi d'une render farm, et de calculer les images directement sur nos stations de travail.

Le penchant de cette innovation est que les lumières utilisables pour éclairer une scène sont en nombres limités, et que les compositeurs graphiques sont mis à rude épreuve pour enjoliver les images au maximum. Ils ont tous fait un travail incroyable, qui contribue grandement au superbe résultat visuel du film.

Une autre innovation majeure a été le fait que Nadéo, la société de jeux vidéos de Pascal Hérold, qui était responsable du moteur graphique, a réussit à faire en sorte que l'eau visible dans le film soit visible en temps-réel, reflets inclus. Ça ne parlera pas forcément à tout le monde, mais sachez que l'eau est l'un des éléments les plus dur à réaliser et un des plus longs à calculer (avec les cheveux), et qu'arriver à obtenir l'eau et ses reflets en temps-réel à l'écran relève de la prouesse technique, et c'est une première mondiale.

 

Avez-vous une information inédite à partager ?

Si vous êtes très observateurs, vous verrez que j'ai glissé un ''oeuf de pâques'' dans une scène du film : lors de la scène du bal, la partition de piano de Doc Marcel est en fait celle de ''Nothing Else Matters'' de Metallica.

 

Que pensez-vous de l’avenir de studios français et européens face à la concurrence américaine ou asiatique?

Je pense que la seule manière de survivre face à ces deux géants, c'est de proposer quelque chose de différent. Je pense que le Studio Delacave va dans ce sens. Les images du film, comme vous pouvez le voir, se démarque complètement des autres productions actuelles. Il faut que les maisons de productions françaises privilégient les initiatives originales, pour que le cinéma d'animation français puisse exister et se faire une vraie place.

 

Aimeriez vous travailler pour des studios américains Disney, Pixar, DreamWorks, ou Blue Sky… ?

Hum... Oui, mais seulement si j'atteins un jour un niveau en dessin suffisant pour participer aux dessins de pré-productions. Aujourd'hui c'est la phase qui m'intéresse le plus. Mais dans l'absolu je dirais que non, ça ne m'intéresse pas. Je n'ai absolument aucune envie d'aller vivre aux États-Unis. Je suis très bien où je suis.

 

Quels sont vos prochains projets ?

J'ai plusieurs projets de BD, dont un qui me tient vraiment à cœur. J'espère arriver à le réaliser comme je l’entends. Dans l'immédiat, je vais trouver un boulot alimentaire pour avoir le temps de dessiner tout les jours et d'alimenter mon blog BD, et d'améliorer mon trait le plus possible.

Pouvez-vous nous dire en quoi consistent ces projets BD? 

Dans un premier temps, je compte continuer à alimenter mon blog de manière un peu plus régulière que jusqu'à présent. Par la suite, je souhaite adapter en BD une partie de jeu de rôle de Star Wars faite avec des amis. J'espère pouvoir m'y mettre avant la fin du mois prochain.  J'ai également des projets un peu plus poussés, mais ils n'en sont encore qu'au stade d'idées notées à droite à gauche et attendent d'être formulés en un vrai scénario. L'histoire se déroulerait dans un univers steam-punk, sur fond de changement de société. Ce sera principalement une histoire de vengeance, envers les autres et envers soi-même, pour le "méchant" de l'histoire. Je ne tiens pas à en dire plus, pour ne rien dévoiler de l'histoire. De manière générale, il suffit aux personnes que ça intéresseraient de suivre l'actualité de mon blog. Tout y sera publié progressivement.

Quel serait votre rêve professionnel : travailler avec qui, sur quel genre de projet, quelles fonctions aimeriez vous occuper ?

Mon rêve professionnel serait d'arriver à vivre de la BD. Mais comme ce rêve est quasi-inaccessible, je vais me contenter d'en faire pour le plaisir. Ce qui est d'ailleurs mieux, car je n'aurais pas d'obligations commerciales ni de pressions d'un éditeur ou n'importe quelle autre forme de pression extérieure.

 

Que conseillez-vous aux personnes souhaitant percer dans le milieu artistique ?

Je leur conseille d'être parfaitement conscients des implications de leur choix. Si on expliquait à tout les enfants qui veulent être pompier – par exemple – que s'ils choisissent ce métier, ils ne verront que très rarement leur famille, qu'ils ne dormiront pratiquement jamais plus de trois heures par nuits, et qu'ils seront, pour ainsi dire, mariés à leur travail, ils y réfléchiraient peut être à deux fois. Et ce sans compter toutes les implications d'un métier à hiérarchie militaire.

Pour revenir à nos moutons, oui c'est super d'avoir son nom au générique d'un film, mais il faut être conscient que – premièrement – tout le monde n'est pas capable de fournir un effort intense et sérieux, surtout que les débutants croient souvent que c'est fun et facile. C'est un métier où on a certes souvent une bonne ambiance de travail, mais c'est tout de même un travail sérieux et très technique, donc ne prenez pas cette décision à la légère.

Deuxièmement, il faut être bien conscient que ce travail vous demandera beaucoup d'énergie, et qu'il y aura des fois où vous ne pourrez presque plus voir vos proches.

Cela dit, si vous êtes conscient de ça et que vous êtes motivé, alors foncez, c'est un métier qui en vaut vraiment la peine. Il ne me correspond plus pour les raisons expliquées plus haut, mais c'est un point de vue personnel. C'est sans doute un des boulots les plus intéressants qui soit.

 

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Peu importe ce que vos parents, votre famille, vos profs, vos collègues et même parfois ce que vos amis vous disent, suivez toujours vos rêves et mettez tout en œuvre dans ce sens.

Retrouvez le Blog BD de Robin: Dantès L'Ombre et la Flemme sur http://salulezamis.over-blog.com/

 

 

Merci à Robin et à Virginie, auprès de qui je m'excuse de lui avoir volé Robin de longues heures durant!

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