






Bonjour les garçons. Comment s’est passé le tout début de vos rencontres ?
Bonjour ! C'est Christophe, de Revolver. Je vais m'efforcer de répondre au nom du groupe quand c'est possible !
Alors, nous avons 22 ans en moyenne, et jouons ensemble sous le nom de Revolver depuis 3 ans.
Ambroise et Jérémie se sont rencontrés très jeunes, vers 6 ans, à la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, où ils apprenaient le chant choral. Ambroise a arrêté rapidement, mais Jérémie y est resté jusqu'à ses 18 ans, et a appris entre temps à jouer du violoncelle.
Pour ma part, j'ai rencontré Ambroise après avoir déménagé à Paris, en fin de collège. Je jouais un peu de guitare, et lui avait envie de se remettre à chanter. Nous nous sommes mis à jouer ensemble, à reprendre des morceaux. Je lui ai appris des rudiments de guitare, et lui m'a poussé à chanter. Rapidement nous avons commencé à composer nos propres morceaux.
Logiquement, Ambroise a eu envie de se remettre à la musique classique, et est retourné à la Maîtrise, où il a retrouvé Jérémie.
Nous nous sommes mis à jouer ensemble de temps en temps, pour des concerts dans des bars, avec d'autres musiciens avec qui l'on jouait, etc. Mais c'est vraiment au moment de l'enregistrement de notre première maquette que nous avons trouvé un son acoustique qui nous plaisait (trois voix, deux guitares, un violoncelle, un peu d'harmonica).
Ensuite nous avons reçu cette proposition de contrat de Delabel, et les choses se sont un peu accélérées !
Quels rôles remplissez-vous respectivement au sein du groupe ?
Ambroise et moi jouons de la guitare (acoustique, électrique), et Jérémie du violoncelle. Nous chantons tous les trois. Ambroise et Jérémie peuvent aussi jouer du piano, et moi de l'harmonica ! Nous composons à trois, à deux, ou parfois, mais plus rarement, seul. Ambroise et moi écrivons les textes, ensemble ou séparément.
Quelles sont vos formations respectives ?
Ambroise et Jérémie ont eu cette formation chorale à la Maîtrise (ou au conservatoire pour le violoncelle). Pour ma part, je n'ai jamais eu de formation musicale, j'ai appris sur le tas avec Ambroise au lycée. Par ailleurs, Ambroise a étudié l'architecture, et moi le cinéma.
Comment décririez-vous votre style ?
Le premier concert que nous avons donné dans cette formation a eu lieu chez un ami d'Ambroise, dans un appartement. Pas de micro, pas d'ampli, juste trois voix, deux guitares et le violoncelle, le tout sur trois chaises. A la fin du concert, un ami d'Ambroise est venu nous dire que nous faisions de la musique de chambre, mais pop. Ambroise a rebondi en disant : "Pop de chambre". C'est comme ça que l'on pourrait définir notre style, plus particulièrement sur notre premier EP ou lors de nos concerts acoustiques en trio. Mais sur l'album ou en tournée en ce moment, nous faisons un peu plus de bruit, avec une batterie, des guitares électriques, des improvisations plus sauvages.
Music for a While est le nom de votre album. Qui l’a choisi et pourquoi ?
Music for a While est une chanson de Purcell que Jérémie et Ambroise avait chanté quand ils étaient jeunes. Lorsque j'ai rencontré Jérémie, je ne connaissais pas grand chose à la musique classique. Il m'a conseillé d'écouter Purcell par Deller, et ça a été un vrai choc. Ce sont des chansons courtes, à effectif réduit, pour voix soliste, donc c'était plus facile à appréhender, pour quelqu'un qui venait de la musique pop, qu'un format de symphonie par exemple.
L'idée m'est venue en studio que cela pouvait servir de titre à notre album, puisque nous avions chacun une histoire avec cette chanson. Et puis l'album a quelque chose d'urgent, a été enregistré très rapidement, et est concentré, court, c'est le témoin d'une époque bien précise (les deux ou trois semaines de studio), comme la photographie d'un moment de notre histoire. De la musique d'un instant donc, et pour un instant...
Avez-vous toujours tous été soutenus par vos familles respectives ? Cela a-t-il été facile de prendre cette orientation artistique pour chacun de vous ?
Jérémie a fait de la musique toute sa vie, donc sa famille l'a toujours soutenu. Quand Ambroise a arrêté ses études d'architecture pour se focaliser sur la musique, il me semble que ses parents étaient un peu inquiets. Les miens n'étaient pas rassurés lorsque je suis allé m'inscrire en fac d'arts du spectacle, mais ils m'ont soutenu.
Si vous deviez choisir une autre orientation artistique, professionnelle, laquelle serait-elle ?
J'avais plutôt l'espoir de devenir cinéaste, en passant peut-être par la critique un moment, alors peut-être y retournerais-je. Mais ça me semble difficile maintenant. On ne sait jamais. Ambroise retournerait vers l'architecture peut-être, ou vers le chant lyrique... ou peut-être la cuisine, qui sait, il en parle beaucoup ces derniers temps ! Jérémie a passé sa vie à jouer et à étudier de la musique, je ne vois pas ce qu'il pourrait faire d'autre. Mais en parallèle, il étudie pour devenir chef d'orchestre.
Pouvez-vous nous parler de vos premiers concerts ? Comment cela s’est-il mis en place ?
Notre premier concert était celui en appartement dont j'ai parlé tout à l'heure. Ensuite nous démarchions des bars avec une pauvre maquette sans pochette, et jouions parfois aux Trois Arts, dans le 20ème, petite salle très agréable.
Avez-vous des tournées programmées ?
Nous sommes en plein dedans ! Une grosse trentaine de dates jusqu'à décembre, en passant par l'Allemagne, la Belgique, la Suisse ! Nous découvrons ce qu'est la vie de tournée, c'est très agréable, d'autant que nous avons la chance d'être un groupe très soudé (batteur, tour manager, ingé son)
Comment s’est passé pour vous la sortie de l’anonymat ?
Nous ne le sentons qu'autour des concerts, avant ou après, quand des gens viennent nous parler etc. C'est très agréable d'avoir un contact direct avec quelqu'un qui apprécie notre musique. Sinon mes voisins m'ont reconnu à la télé, et se sont empressés de me féliciter. En dehors de cela, nous ne sommes quand même pas tout à fait sortis de l'anonymat, heureusement, nous pouvons marcher tranquillement dans la rue.
Comment avez-vous réussi à trouver une maison de disque ?
A la fin du premier concert dont j'ai parlé plus haut, un des spectateurs avait un ami qui avait un ami qui connaissait un jeune directeur artistique d'à peine plus de 25 ans chez Delabel. Quelques semaines plus tard nous avons reçu un message de ce type à peine plus âgé que nous qui nous proposait un rendez-vous. Nous avons cru d'abord à une mauvaise blague ! Mais nous y sommes allés, et nous sommes très bien entendus. Aujourd'hui, avec un peu de recul, je me rends compte que nous avons une très grande chance, puisque nous avons une équipe réduite et solide autour de nous, alors que nous avions quelques craintes légitimes en signant avec une major ! Le plus important est que nous sommes très amis avec notre DA, qui nous a laissé une liberté absolue lors des enregistrements de l'EP ou de l'album !
Comment marche la sortie de votre album ?
Difficile à dire, il faudrait demander à notre DA ! Mais j'ai l'impression que ça se passe bien. Get around town passe à la radio, ce qui permet aussi de débloquer des dates de concerts, qui sont le meilleur moyen de convaincre le public. Je pense que nous construisons quelque chose de solide, musicalement, et avec notre public. Ce n'est pas un feu de paille, aussi intense que bref, nous avons le temps d'évoluer.
Que conseilleriez-vous aux nombreux groupes qui rêvent un jour de marcher sur vos pas ?
Chercher non pas les meilleurs musiciens mais ceux avec qui l'on s'entend le mieux, et à partir de là, travailler beaucoup ! (on peut travailler énormément avec des gens avec qui l'on s'entend très bien)
On vous associe déjà aux Beatles ! Comment réagissez-vous à cette comparaison ?
C'est un peu excessif. C'est une très forte influence, ce qui est normal puisqu'ils ont posé les bases de la chanson Pop, et puisque nous aimons chanter en harmonies, je peux comprendre la comparaison, mais je préfère ne pas trop y penser, c'est tétanisant ! Et puis les Beatles étaient aussi un phénomène social résolument nouveau, c'était une autre époque.
Vous ne respectez pas la mixité dans votre groupe. Pourquoi ? Les filles n’ont pas le niveau ?
Ah ah ! Non, c'est juste que nous sommes des amis d'école ou de collège, et que les choses se sont faites comme ça. Et puis ça évite probablement quelques tensions, surtout en tournée en ce moment...
Vous avez une formation classique de base. Comment devient-on groupe de pop lorsqu’on utilise des instruments classiques, et que l’on apprend dans un cadre classique aussi ?
Jérémie a eu une vraie formation classique, très poussée, mais Ambroise n'a fait du chant choral que quelques années, et je suis autodidacte. Ambroise et moi voulions devenir un groupe pop, ou plutôt un duo folk au début, et Jérémie a découvert en nous rejoignant ce qu'était la musique pop ! Il n'avait jamais écouté de pop avant. Ca a été un choc pour lui de découvrir les Beatles, ou le rock'n'roll des 50's.
Pourriez-vous décrire une de vos journées ?
Aujourd'hui, nous avons petit-déjeuner avec les réalisateurs de notre prochain clip, qui sont des amis canadiens, nous avons répété en studio, et avons ensuite travaillé sur de nouveaux arrangements pour un concert à venir.
En tournée, c'est plutôt des heures de bus à lire, écouter de la musique, ou jouer à Mario kart (sur DS !), et puis arriver dans une nouvelle ville tous les jours, faire les balances, prendre un verre et découvrir la ville, faire le concert, et puis se détendre ensuite dans les loges et terminer avec un poker à l'hôtel par exemple. Un bon rythme !
Quand peut-on espérer le second album ? L’avez-vous commencé ?
Je ne sais pas précisément, mais nous avons déjà des morceaux prêts, que nous commençons à tester en concert quand nous le sentons. Nous souhaitons tous que le second album ne mette pas trop de temps à sortir. Mais avant cela, nous voulons prendre le temps de tourner un maximum, ce qui donne de nouvelles idées aussi.
Vous avez déclaré qu’il faudrait évoluer. Comment pensez-vous vous y prendre ?
Je ne sais pas encore. Les morceaux de notre premier album sont très courts, denses et concentrés. Peut-être aurons-nous envie de prendre plus de temps pour improviser, pour jouer sur des répétitions... C'est encore flou.
Génération piano, guitare, violoncelle, ou myspace ? Vous avez relevé et réussi le défi d’associer des instruments classiques à la pop rock, le traditionnel au moderne. Quelle est votre recette ?
Jje crois que les classique et pop ne sont pas si éloignées qu'on ne le pense ! Après tout, une belle mélodie, qu'elle soit de Purcell ou de Radiohead, est une belle mélodie ! Idem pour les harmonies, pour les textes, les rythmes.
Nous faisons des chansons résolument pop, avec un apport du classique qui s'entend plus dans le violoncelle ou dans les harmonies vocales, que Jérémie et Ambroise ont aisément dans l'oreille pour en avoir beaucoup chantées, et que nous soignons donc beaucoup !
Comment se dessine la scène internationale pour 3 jeunes français ? Quelles sont vos ambitions, atouts et faiblesses ?
Ca alors... je ne sais pas du tout. Ce serait bien sûr formidable de sillonner le monde avec nos morceaux, mais chaque chose en son temps ! Nos atouts ? Nous travaillons beaucoup, nous amusons beaucoup, et sommes très soudés. J'ai le sentiment que nous n'avons pas arrêté de progresser, en studio et surtout grâce à la scène. Nos faiblesses ? Ah ah, aucune idée !
Vous avez évoqué dans une interview vouloir garder votre « identité ». Qu’est ce que qui fait l’identité de Revolver ? Qu’est ce qui pourrait la compromettre ?
Notre identité, ce sont surtout nos trois voix et le violoncelle qui prend la place de la basse électrique et peut s'envoler dans des solos pleins de larsens. Ce qui pourrait compromettre cela ? Que l'un d'entre nous disparaisse, ou en ait marre, ce qui ne risque pas d'arriver je crois. Je suis plutôt serein.
Avez-vous un scoop, une info inédite, originale, une anecdote à confier à vos fans ?
Nous devenons des champions à Mario Kart ! Bon, Mathias, notre batteur, reste le plus virtuose, mais Ambroise ou moi le battons parfois... rarement...
Quel est votre souhait respectif le plus cher ?
Aujourd'hui, je crois que nous avons tous le même : que la tournée continue à si bien se passer !
Inter-activities vous souhaite encore bien du plaisir dans vos projets, et toute la réussite que vous méritez !
Merci !
Tracklisting :
1. Leave me alone
2. Calm down
3. Get around town
4. A.m. big wish
5. Balulalow
REVOLVER Music For A While
02. Leave Me Alone
03. Balulalow
04. Back To You
05. Untitled #1
06. Do You Have A Gun?
07. Luke, Mike & John
08. A Song She Wrote
09. You Drove Me Home
10. Get Around Town
11. Untitled #2
12. It's
