
Comme le héros de la série éponyme DEXTER, Laurent Luna a un "coté pile et un coté poil"!
Ecrivain de talent le jour, il est aussi humoriste à ses heures perdues. Un maître en la matière lorsqu'il s'agit de divertir ses lecteurs, lorsqu'ils se délectent de ses écrits, et de faire rire ses fans et amis, sur FaceBook. Particulièrement adepte de l'autodérision lorsqu'il parle de lui, Laurent Luna excelle, quel que soit l'art et la manière.
Une fois de plus, les lecteurs sont mis à contribution. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé. Pour les remercier, Laurent Luna leur a ouvert la porte, le temps d'une interview, afin de leur dévoiler comment c'est "De L'Autre Coté".

Marc Andernos est un jeune chirurgien totalement accaparé par son métier au service des urgences d'un grand hôpital. Sa vie privée, presque inexistante, se résume à de simples contacts téléphoniques avec sa mère. Un phénomène inexplicable va le pousser à sortir de son petit monde bien ordonné lorsqu'un enfant arrive aux urgences, percuté par un véhicule et sauvagement agressé par des chiens, sans avoir quitté le lit de sa chambre. Perplexe et intrigué, Marc tente alors de mener une enquête que les policiers abandonnent faute de preuves. Mais cette enquête va transporter le beau jeune homme au-delà de tout ce en quoi il a toujours cru : le rationnel. Malgré lui, il devra passer « de l'autre côté ».
Catherine Letellier
Laurent
- Comment arrives-tu à exprimer la violence, et la méchanceté de certains
personnages, avec une telle fluidité, et surtout sans une once haine ?
La violence, tout comme la méchanceté, font partie de notre quotidien. N’importe quel œil observateur saurait retranscrire, à une main dotée d’une plume, les éléments de ce quotidien. C’est ce que mon œil a fait. Quant à l’absence de haine, ce doit être un loupé de ma part car il y aurait dû en avoir.
- Où trouves-tu la puissance de tes mots ?
La puissance des mots... Je suis si mauvais que des heures me sont souvent nécessaires pour trouver le mot juste. Alors je te laisse imaginer le temps qu’il me faut pour en trouver des puissants. Mais le dictionnaire des synonymes est mon ami, donc…
Sylvie Tereso
- Laurent, ma question : pourquoi avoir attendu si longtemps pour publier ton premier roman?
J’écris par plaisir. Voir les mots apparaître, sous la mine de mes crayons ou sur l’écran de l’ordinateur, me procure une joie égoïste. Je n’étais donc pas prêt à la partager. Et puis, le manque d’assurance est mon fardeau. Lourd à porter depuis toujours, il a certainement été un frein à ce que je franchisse le torrent en furie qui me séparait de l’édition.
Corinne Pirlotte
- Comment fais-tu pour qu'un roman se lise sans lâcher prise? Les mots coulent,
les situations subjuguent et le charme opère. Par quelle magie ?
Je n’en ai pas la moindre idée. Mais si ce que tu dis est vrai, il va me falloir rapidement relire mes livres ; j’aimerais bien qu’ils me subjuguent.
- Combien de temps t’a-t-il fallu pour nous offrir tes mots ?
« De l’autre côté » et « L’In Nomine Patris » m’ont demandé, chacun, un petit millier d’heures d’écriture, le double à les remanier et autant à les corriger. A raison de dix à quinze heures par jour, je te laisse convertir en mois…
Suzanne Gonzalez
- Qu'est-ce qui te semble le plus important pour toi : souhaiter que ton (tes) roman(s) plaise(nt) à celui qui le lira et qu'il(s) laisse(nt) une trace (ce qui fut mon cas, je t'en ai déjà fait part) ou être conscient tout simplement que déjà le fait d'être parvenu à écrire un roman et à te surprendre toi-même est déjà ENORME !?
J’ai écrit mon premier roman il y a plus de vingt ans. Comme chez un vieux couple, j’ai bien peur que la surprise de la nouveauté se soit dissipée dans les brumes du temps. Pour être franc, bâtir un roman n’est pas une énorme entreprise, le diffuser est une tâche cent fois plus ardue.
Maintenant, si de savoir que mes romans plaisent flatte mon égo, d’apprendre qu’ils marquent les esprits me laisse perplexe : je n’avais pas prévu qu’il en irait ainsi. J’espère simplement que ces traces, dont tu parles, ne sont pas d’horribles séquelles, je m’en voudrais.
Fabienne Chopard
- T'es-tu identifié à un moment où à un autre, dans la peau de ton héros?
Identifié, non, mais je me suis mis dans la peau de tous les héros puisque je les ai joués, comme un comédien qui n’aurait pas encore son texte en main et serait soumis à l’exercice périlleux de l’improvisation. J’avoue avoir éprouvé quelques difficultés à devenir une fillette de six ans, ou une plantureuse sexagénaire au caractère bien trempé. Me travestir en tueur dément et homophobe n’a pas été une partie de plaisir. Et je ne parlerai pas de l’infirmière harceleuse, obsédée sexuelle, ignoble jusqu’au bout de ses faux-ongles…
Lydie Petitseigneur
- Pourquoi l'enfant et son père sont-ils albinos ?
L’enfant souffre d’albinisme, et je précise « souffre », car il me fallait une différenciation physique peu ou pas handicapante pour ce personnage, afin de laisser au narrateur le loisir d’asséner cette phrase : l’intolérance naît souvent par incompréhension de ce qui nous différencie des autres. Finalement, cette phrase n’a pas vu le jour, mais l’enfant Albinos oui, et il est resté.
- Et d'où te vient cette histoire de rêves "prémonitoires" ?
C’est un sujet qui m’intrigue depuis toujours. Certains humains seraient-ils capables de prédire l’avenir ? Philippe K. Dick s’est posé la question dans ses œuvres et comme je l’ai lu, son influence a dû marquer mon esprit.
De qui t'es-tu inspiré pour Dorothée ?
De personne. J’ai simplement condensé en elle, tout ce qui pouvait rebuter un homme, ou une femme, tant physiquement que psychologiquement. Le résultat ne pouvait être que l’abominable Dorothée.
Agathe Albiol
- Laurent, quelles études as tu faites et as tu été inspiré par le psychodrame analytique individuel ?
Je me destinais à devenir boulanger, mais j’ai réussi à louper mon diplôme avec toute la maestria qui sied à l’inculte analphabète que je fus. Après quelques années d’errance (on appelait ça « zoner », avant), il m’est venu une idée folle : apprendre. Alors j’ai passé mon bac, puis je ne me suis plus arrêté, diversifiant sans cesse mon apprentissage : psycho, lettres, droit,… Et aujourd’hui encore, la quarantaine derrière moi, je prépare assidument un DESS marketing et techniques de ventes, spécialisation agro-alimentaire. Peut-être vendrais-je du pain, bientôt, finalement. Quelque part, c’est mon psychodrame analytique individuel à moi, sauf que je ne sais pas qui est le maître du jeu.
Barbara Lischka
- Je n'ai pas encore eu le bonheur de lire ton livre, alors ma question portera sur toi si tu le veux bien ? Quel est le secret de ta bonne humeur ;-) ?
C’est un secret transmis de génération en génération, par le bouche à oreille : « tant que toi et les tiens marcherez, parlerez et rirez, alors tu vivras ». Et les trois conditions doivent être remplies…
Christine pour IA
- Comment et quand a démarré pour vous cette activité d’écriture ?
J’ai débuté ce qui allait devenir « De l’autre côté », en 1989, tandis que j’attaquais des études de psycho. Elles m’ont inspiré et, deux ans plus tard, la première mouture était terminée. Ensuite, je l’ai repris et corrigé à quatre ou cinq reprises, tout en continuant à écrire d’autres histoires.
- Quels sont vos goûts en matière d’arts ?
Le seul art qui me passionne véritablement est celui réalisé par la nature depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours. Un art que seul l’être humain a été capable d’altérer.
- Écoutez-vous de la musique en écrivant ?
Jamais. Le silence est la seule musique que je m’autorise lorsque j’écris.
- Que représente l’écriture pour vous ? Un besoin, une nécessité, une passion ?
L’écriture est un élément vital contenu dans mon oxygène, si je ne l’ai plus, je meurs.
- Que conseillez-vous aux auteurs en recherche de lecteurs ?
De s’acheter une paire de rames et de ramer, ils auront plus vite fait d’avancer. Ou alors d’écrire un roman qui doit plaire aux autres au moins autant qu’à soi, puis d’aller se balader, avec son livre terminé sous le bras, dans tous les endroits où les lecteurs se rendent.

- Comment décririez-vous votre personnalité ? Comment vous décrivent vos amis/ vos proches lorsqu’ils parlent de vous ? Votre humour est très apprécié par vos amis. Qu’est ce que cache ce trait de personnalité ?
Ma personnalité est ambiguë : je suis un gentil le jour, un sérial killer la nuit. Mes proches et mes amis, enfin, ceux que je n’ai pas encore trucidés, me prennent pour un introverti excentrique à pulsions maniaco-meurtrières. Ne me demandez pas ce que c’est, je n’en ai pas la moindre idée ! Je me dis que soit ils ont raison, soit il faut qu’ils arrêtent de lire mes livres.
Et je ne vois pas pourquoi on me trouve drôle, puisque je suis d’une affligeante timidité qui m’empêche, neuf fois sur dix, de prononcer une phrase entière sans que je ne pense à aller me cacher sous la jupe d’une belle inconnue. Et la dixième fois, quand ce n’est donc pas ma timidité qui m’en empêche, c’est la peur de me ramasser une baffe
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- Comment expliquez-vous votre succès ? (Rôle du réseau, FaceBook, salons, séances de dédicaces…)
Mystère… Peut-être les lecteurs m’imaginent-ils comme un des gentils héros de mes romans.
- Vous semblez vouloir prendre du recul par rapport à FaceBook… Mauvaises expériences, peur de devenir Geek ou No Life ?
Je suis déjà un peu des deux, la preuve, j’écris des romans sur un ordi. Et aussi il y a que facebook et les forums d’écriture, auxquels je participe, avalent une grande partie du temps que je souhaite réserver à ma soif d’apprendre et à continuer d’écrire. Je me vois désormais et à cause de ce temps qui refuse de ralentir, contraint de m’éloigner un peu des plaisirs procurés par les amis rencontrés sur Internet.
- Comment expliquez vous votre timidité, votre coté humble ?
Je suis timide mais je me soigne : les séances de dédicaces sont moins contraignantes qu’une auto-psychanalyse. Quant au côté humble, il doit y avoir erreur : je suis le plus prétentieux des génies de la littérature de ces vingt dernières années.
- Aimeriez-vous voir vos romans adaptés au grand écran ? Avez-vous écrit avec cette idée en tête ?
Non, je n’ai pas écrit avec cette idée en tête et j’avoue qu’elle ne m’a pas non plus effleuré l’esprit après la parution de mes romans. Mais maintenant que vous le dites…
- Qui choisiriez vous comme actrice pour incarner Dorothée ?
Si le film voit le jour dans une vingtaine d’années, Monica Bellucci, histoire de redonner un second souffle à sa carrière. A condition, bien sûr, qu’elle accepte de tremper ses cheveux une dizaine de jours dans un bain d’eau oxygénée, et qu’elle les sèche ensuite au chalumeau.
- Connaissez-vous une Dorothée dans votre vraie vie ?
J’ai cette chance inestimable d’être entouré de femmes merveilleuses et tout à l’opposé de Dorothée. Et pour ne pas en voir des vraies, je n’allume presque jamais la télé. En plus, je déteste la politique.
- Quelle est la part de vécu/de réalité dans votre roman de « l’Autre Coté » ?
Tout y est fiction, mis à part les meurtres, malheureusement.
- Quels messages cherchez-vous à exprimer dans vos romans ?
Au-delà de l’horreur, le seul que je souhaite exprimer est l’espoir.
- Vous citez un auteur à la fin de votre premier roman. Dédicace, échange de bons procédés ?
C’est un auteur que j’admire, autant que Franck Thilliez. Une sorte d’hommage.
- Écrivez-vous sur ordinateur, papier, enregistrements audio?
Les trois, complémentaires à mon sens, me sont alors forcément nécessaires pour aboutir.
- Pouvez-vous parler de votre second roman ? Choix du titre, similitudes et divergences par rapport au premier roman…
« L’In Nomine Patris » n’a en commun avec le premier, que les caricatures des caractères de chaque « héros ». Et peut-être aussi un peu l’humour, toujours aussi glauque, voire franchement macabre.
Pour comprendre le titre, et c’est une similitude avec « De l’autre côté », il n’y a pas d’autres choix que de lire le livre.

- A quand la sortie de votre troisième livre ? Vous annoncez dans 3 ou 4 mois… Pouvons-nous connaître le titre et quelques grandes lignes ?
La sortie, je n’en ai pas la moindre idée. Mieux vaut laisser, je pense, le temps aux deux premiers de faire leur petit bonhomme de chemin, de découvrir encore quelques lecteurs. Cependant, je peux vous assurer que son remaniement et ses corrections seront effectivement terminés d’ici trois à quatre mois.
Pour le résumer, je dirai que l’histoire se déroule aux USA, où une psychanalyste, accompagnée d’un ancien flic devenu chasseur de primes, va se lancer à la poursuite d’un meurtrier aussi ingénieux que cruel. D’ores et déjà, et comme dans mes deux précédents romans, je garantie une fin des plus inattendues. A tel point qu’elle m’a surpris moi-même.
- Qu’envisagez-vous dans les prochaines années ?
Une retraite dorée, au soleil, en compagnie de jolies vahinés, sous les cocotiers. Quoique non, je n’ai pas envie de me prendre une noix de coco sur le crâne, je préfère rester dans ma vieille maison, à écrire, encore et encore. Et regarder grandir mes futurs petits-enfants.
- Avez –vous songé à l’écriture à 4 mains (avec Paskal Carlier par exemple), ou quelque d’autre (qui) ?
Oui, j’ai bien un projet d’écriture à quatre mains, avec Stephen King, mais comme je doute qu’il soit d’accord, il me faut prendre les devants et trouver un autre talentueux auteur. Paskal Carlier en est un.
- Que souhaitez-vous dire à vos lecteurs fidèles, fans inconditionnels ?
A part que je les aime ? Eh bien qu’ils arrêtent de prêter mes livres autour d’eux, ou je ne serai jamais riche !
- Quelle est la critique qui vous a le plus marquée ? Le meilleur compliment qui vous a été fait ?
A ce jour, je n’ai obtenu que des critiques positives. J’attends d’ailleurs avec impatience, celui ou celle qui fracassera mes écrits avec toute l’objectivité du critique avisé.
Le meilleur compliment est celui de ma fille, lorsqu’elle ma dit « Papa, Marc Andernos (Le héros de De l’autre côté, c’est toi ».
- La préface de votre livre a été rédigée par Frank Thilliez. Comment vous êtes vous rencontrés ? Comment en êtes vous arrivé à concrétiser ce projet de préface ?
Je n’ai pas encore rencontré Franck Thilliez. Je suis un lecteur attentif de ce grand Monsieur depuis cinq ans. Jamais je n’aurai osé lui demander quoi que ce soit, c’est un écrivain de génie, je ne suis qu’un écrivailleur. C’est Paskal Carlier le fautif, c’est lui qu’il faut taper. Il a osé lui envoyer mon roman, sans m’en parler. Trois jours plus tard, je recevais un commentaire extraordinaire, suivi peu après d’une superbe préface signée Franck Thilliez.
Paskal et Franck ont aimé mon roman, je ne puis en être que fier…et heureux, quoi qu’il arrive.
Retrouvez Laurent LUNA et son nouveau roman, L'in Nominé Patris
Merci à Paskal & Catherine de m'avoir permis de découvrir Laurent. Merci à vous Laurent de m'avoir ouvert la porte. On est très bien chez vous, de "L'Autre Coté".
