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NOTES DE PRODUCTION

  

         Lorsque le très grand et l’infiniment petit se rencontrent, c’est un tourbillon d’humour et d’aventure qui envahit notre monde. Entre Horton l’éléphant et les délirants habitants de la microscopique Zouville, débute la plus originale et la plus spectaculaire des amitiés.

HORTON est l’adaptation du célébrissime classique de la littérature enfantine « Horton Hears a Who ! », inventé par le génial Dr Seuss et publié pour la première fois en 1954. Les livres du Dr Seuss - Theodor Seuss Geisel de son vrai nom - figurent parmi les grands classiques de la littérature familiale et se sont vendus à plus de 200 millions d’exemplaires dans plus de 15 langues. C’est à lui que l’on doit entre autres « Le Chat Chapeauté » et « Le Grinch ». Génération après génération, la série des Horton (« Horton Hears a Who », « Horton Hatches the Egg ») figure toujours parmi les meilleures ventes de toutes les œuvres du Dr Seuss.

         A travers ses univers originaux, ses illustrations pleines de fantaisie, ses vers rythmés et son art de jouer avec les mots, le Dr Seuss avait le don d’aborder des questions complexes de manière accessible même aux plus jeunes. Le film reste fidèle à cette approche. Ainsi, pour Horton, « une personne est une personne, même toute petite ». Il insiste : « Si vous étiez loin dans l’espace, et que vous regardiez notre planète, elle ressemblerait elle aussi à un grain de poussière… ». Cette explication simple qu’il donne à ses amis sceptiques revêt une signification profonde pour nous tous.

         Pour Horton, éléphant au grand cœur, « un éléphant est fiable à 100 % ». Avec détermination, il va s’en tenir à ce qu’il a décidé et ne jamais abandonner la mission qu’il s’est fixée : trouver un nouveau lieu de vie sûr pour le grain de poussière qui abrite l’incroyable monde de Zouville.

         Pour la première fois, un film transporte le public au cœur même de la formidable et foisonnante imagination du Dr Seuss. Cet univers merveilleux qui n’existait jusqu’ici que dans ses livres prend vie grâce à des images de synthèse à la pointe de la technologie et au talent de fantastiques artistes et conteurs…

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LA TRÈS GRANDE AVENTURE A COMMENCÉ PETITE…

 

         Horton a entamé sa nouvelle aventure, celle du grand écran, en 2003, lorsque le producteur exécutif Christopher Meledandri, alors président de Twentieth Century Fox Animation, qui supervise les studios Blue Sky, a contacté la veuve de l’auteur, Audrey Geisel, pour lui parler de son idée de créer un film d’animation en images de synthèse tiré de « Horton Hears a Who ! ».

Christopher Meledandri explique : « Ted Geisel avait une merveilleuse imagination, une des plus extraordinaires du XXe siècle. Ses livres ont beaucoup compté dans mon enfance, et j’ai toujours eu envie de faire un film en images de synthèse à partir de l’un d’eux. »

         La structure narrative de « Horton Hears a Who ! » intéressait particulièrement Christopher Meledandri et Fox Animation. Meledandri observe : « C’est l’un des rares livres du Dr Seuss à être structuré en trois actes. Et puis bien sûr, l’idée qu’« une personne est une personne, même toute petite » est un merveilleux thème. »

         Audrey Geisel voulait être certaine que l’adaptation respecterait le livre de son défunt mari. Christopher Meledandri l’a tout de suite rassurée sur ce point. Il lui a rappelé les fantastiques personnages créés pour les deux AGE DE GLACE, et l’univers farfelu et imaginatif de ROBOTS. L’une des grandes qualités de ces films est d’inviter les spectateurs dans leur univers, au milieu de personnages attachants et vivants, et de leur faire oublier que rien de tout cela n’existe concrètement. Pour HORTON, ce serait la même chose…

         Pour achever de convaincre Mme Geisel, Christopher Meledandri a demandé à Mike De Feo, qui dirige le département sculpture de Blue Sky, de réaliser une sculpture d’une scène clé du livre, dans laquelle le Maire brandit son fils Jo-Jo au-dessus de sa tête. Il s’est avéré que c’était l’une des scènes préférées d’Audrey Geisel, et elle a adoré la sculpture.

         Peu de temps après, le développement du premier film en images de synthèse tiré des œuvres du Dr Seuss commençait. Horton, le Maire, Jo-Jo, Madame Kangourou et tous les personnages de la jungle de Nool et de Zouville étaient en marche vers le grand écran !

          Pour les guider dans leur voyage et réaliser le film, le studio a fait appel à Jimmy Hayward et Steve Martino. Hayward avait été animateur sur les deux TOY STORY, sur 1001 PATTES, MONSTRES & Cie et LE MONDE DE NEMO, et consultant au scénario et réalisateur de scènes additionnelles sur ROBOTS. Martino était quant à lui directeur artistique sur ROBOTS, le premier long métrage animé représentant un monde totalement imaginaire, peuplé de créatures mécaniques.

         Dès le départ, Jimmy Hayward et Steve Martino se sont promis de respecter fidèlement les thèmes, personnages et illustrations du Dr Seuss. Ils ont fondé la plus grande partie du style visuel du film sur des illustrations puisées directement dans le livre. D’autres éléments visuels ont été extrapolés à partir des dessins ou notes de l’auteur. Les cinéastes ont repoussé les limites de l’animation numérique en mélangeant techniques de pointe et savoir-faire à l’ancienne afin d’obtenir un style jamais vu au cinéma mais qui rappelle cependant les années cinquante – époque à laquelle le livre a été publié. Jimmy Hayward commente : « Nous avons tout poussé à fond, pour créer des couleurs et des formes « seussiennes » amusantes, mais avec des textures réalistes. »

         Dans les précédents films en images réelles tirés des livres du Dr Seuss, les cinéastes devaient souscrire aux contraintes du monde réel en matière de décors, de mouvement et d’anatomie. Jimmy Hayward commente : « Nous n’avons pas eu ce problème sur HORTON, parce que l’image de synthèse permet une liberté beaucoup plus grande. Pour la première fois de ma carrière, nous avons pu pousser l’animation dans ses derniers retranchements, faire des choses complètement folles, exactement comme Seuss a repoussé les limites de son imagination ! »

 

 LE TRÈS GRAND ET LES TRÈS CHOUS

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Horton l’éléphant

 

         Horton est un éléphant spécial. Il est grand de partout : taille imposante, cœur immense, personnalité extravagante et sens de l’humour géant. Horton est quelqu’un d’énormément gentil, de formidablement fiable et honnête, et de grandement persévérant. En dépit des nombreux obstacles, du ridicule, du mépris et du désaveu des autres, et même des menaces, Horton est résolu à mettre Zouville en sécurité. Un éléphant est fiable à 100 %...

         En lui prêtant sa voix dans la version originale, Jim Carrey a apporté à ce personnage beaucoup plus que les talents humoristiques qui l’ont rendu mondialement célèbre. Jimmy Hayward confie : « Jim a une chaleur et une humanité extraordinaires, et bien sûr un humour décapant ! Il a réussi à faire de Horton ce même personnage doux et attachant que l’on adore dans les livres. C’est quelqu’un de passionné qui a une immense énergie créatrice. »

         Le réalisateur poursuit : « Jim se met tout entier au service du personnage qu’il interprète, quel qu’il soit. Il a incarné Horton non seulement verbalement, mais physiquement, exactement comme il l’aurait fait devant une caméra. Il nous a offert de merveilleuses références visuelles pour le jeu d’acteur numérique de Horton. Horton s’est nourri de tout ce que lui a offert Jim. »

         Connaissant la formidable expressivité de Jim Carrey, il n’est pas étonnant que l’aspect visuel de Horton en ait été influencé. Dave Torres, chef animateur, explique : « Dans les premiers stades de sa conception visuelle, Horton avait une bouche bien plus petite. Mais lorsque Jim est arrivé sur le projet, le personnage est devenu beaucoup plus expressif. Nous sommes allés grâce à Jim plus loin que jamais en matière d’expressivité pour un personnage animé. »

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Le Maire de Zouville

 

         Au cours de cette histoire, une grande amitié se développe entre Horton et le Maire de Zouville. L’éléphant étant si gros et le Maire si minuscule, ils ne se voient jamais, ce qui n’empêche pas ces deux êtres on ne peut plus différents de nouer des liens très forts, riches d’humanité et d’humour, même s’il est question de vie et de mort. Tandis que Horton entreprend une véritable épopée pour conduire Zouville en sûreté, le Maire risque tout pour convaincre ses concitoyens des dangers qui les menacent…

         Le Dr Seuss dépeignait ainsi ce personnage : « Dévoué et juste, un brin excentrique ; le Maire et son épouse étaient d’admirables parents… ». Le Maire et sa femme sont en effet les heureux parents de 96 filles et d’un garçon. Ils installent leur innombrable progéniture sur un tapis roulant qui opère une rotation autour de la table, de manière à ce que chaque enfant puisse passer un moment bref mais intense avec son père. Cette scène imaginative rappelle un peu les comédies musicales de Busby Berkeley.

         Steve Martino, le coréalisateur, observe : « Steve Carell, en lui offrant sa voix, a apporté au Maire la dimension humaine qu’il confère toujours à ses personnages. Ils ont une belle humanité et on se soucie de ce qui leur arrive. »

         Jimmy Hayward précise : « Le Maire est le seul Zou que l’on apprend vraiment à connaître, et il fallait amener le public à se sentir proche de lui et à être de tout cœur à ses côtés. Steve était idéal pour cela. »

         Steve Carell commente : « Le Maire est quelqu’un de gentil, de généreux, de bien intentionné, qui possède une grande force morale. On pourrait dire que c’est un être humain ordinaire, qui essaie juste de faire de son mieux dans une situation critique. 

         « J’ai beaucoup aimé le principe philosophique de Horton, qui insiste sur le fait qu’« une personne est une personne, même toute petite ». C’est une idée particulièrement pertinente, et pas seulement dans la jungle de Nool : peu importe notre physique, peu importe que nous soyons différents les uns des autres, s’il y a une humanité, une moralité, le respect des autres et le don de soi, on peut accomplir de grandes choses…. C’est un message positif et fort qui puise sa source dans la gentillesse, dans le cœur humain. »

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Jo-Jo

 

         Jo-Jo, le plus petit des Zous, fait la fierté et la joie de son père. Le Maire a de grands projets pour son fils, qu’il élève en espérant qu’il assurera la relève à la tête des Zous quand lui-même prendra sa retraite. Mais Jo-Jo est très clair là-dessus : il ne veut pas faire carrière comme son père. Ce garçon taciturne aspire à quelque chose de très différent et de très particulier.

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Madame Kangourou

 

         Madame Kangourou représente l’obstacle principal de Horton et de sa quête – et la plus grande menace pour la survie de Zouville. Chef autoproclamé de la jungle de Nool, elle fait régler l’ordre qu’elle a elle-même établi. C’est une dame au tempérament revêche et à l’esprit étroit. Pour elle, ce qu’on ne voit pas n’existe pas. Cette philosophie qui ne voit pas plus loin que le bout de son museau peut potentiellement avoir de graves conséquences pour Horton, le Maire et tous les Zous.

         Mais cela en fait-il pour autant une méchante ? Steve Martino n’en est pas convaincu. Il souligne : « Elle est coincée dans ses idées, ce n’est pas une méchante pure et dure. Elle se trompe, mais elle n’est pas mauvaise. »

         Dans une scène mémorable, ce kangourou tyrannique hurle à pleins poumons un sermon sur l’impossibilité de l’existence de Zouville. Carol Burnett, qui lui prête sa voix dans la version originale, confie en souriant : « Il y a quelque chose de très libérateur à hurler à tue-tête ainsi, et en plus, je suis payée pour ! »

         Carol Burnett souligne : « Je ne suis pas non plus sûre qu’elle soit méchante. De toute façon, quand vous jouez un méchant, vous ne voyez pas votre personnage comme tel. Un méchant ne pense pas qu’il l’est. Il pense agir comme il le faut ; selon sa vision, il a le sentiment d’être dans le vrai. C’est sa façon d’être. Et si tout le monde voyait les choses à sa manière, ce serait merveilleux ! 

         « Madame Kangourou aime tout diriger, tout contrôler, et elle garde la tête froide. Elle mène la jungle d’une poigne de fer. Elle a gardé son fils Rudy dans sa poche ventrale depuis bien trop longtemps, mais elle n’est pas près de le laisser sortir de sa « chambre ». Certains enfants ont l’impression que leurs parents veulent les garder prisonniers, mais pour Rudy, c’est une pénible réalité ! »

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Vlad

 

         Vlad Vlad-I-Koff est l’homme de main principal de Madame Kangourou. C’est un énorme vautour aux plumes graisseuses et ébouriffées et au grand bec pointu. Il parle avec un fort accent russe. Vlad n’est pas un génie malfaisant – il est malfaisant tout court.

         Jimmy Hayward explique : « Vlad se déplace comme un lézard ou une chauve-souris. Chez lui, tout repose sur l’instinct. Ce personnage est un peu la rencontre choc de bizarres influences culturelles. Il me fait penser à un gangster en survêtement de velours bordeaux avec chaînes et gourmettes en or… »

         Pour Will Arnett, qui lui prête sa voix dans la V.O., « c’est un drôle d’oiseau, à tous les sens du terme. Il est dangereux, c’est un « homme de main à tout faire ». Il est faussement branché, lamentablement à la ramasse, mais il est persuadé d’être au top des dernières tendances ! »

         Will Arnett poursuit : « Je suis attiré par les personnages bravaches et forts en gueule, et aussi passablement stupides. C’est la combinaison gagnante… pas dans la vie, mais dans les comédies ! »

         Même si Vlad n’est pas le plus futé de la jungle, il représente tout de même une vraie menace pour Horton et Zouville. Il est capable de foncer à travers les arbres comme un X-Wing – pour un peu on entendrait ses moteurs. Lors d’une séquence pleine de suspense, il poursuit Horton à travers la jungle. Jimmy Hayward commente : « Nous avons construit cette scène comme un film d’horreur. Il n’y a pas de sang, et le but n’est pas de faire peur, mais il y a un équilibre précis entre le rire et les surprises. »

 

Yummo et les Wickersham

 

         Yummo est le chef du clan Wickersham. Le comédien Dan Fogler, lauréat d’un Tony Award, prête sa voix à ce personnage – et aussi à celui du Président du Conseil de Zouville. « J’aime beaucoup ces deux personnages, confie-t-il, mais j’ai une petite préférence pour Yummo : je suis de Brooklyn, et Yummo, lui, est Brooklyn : c’est un gars de la rue, un dur ».

         Les Wickersham sont des singes qui ont la mentalité bien humaine d’un gang de malfrats. Jimmy Hayward explique : « C’est une sacrée bande de singes… Ce ne sont pas des méchants classiques. Quand les choses se corsent pour Horton, les Wickersham aiment ça ! Ce sont des bêtes qui ont le mauvais côté de la nature humaine. »

 

Morton

 

         Les adversaires ne manquent pas pour Horton, mais heureusement, il a un meilleur ami et confident : Morton la souris. Morton s’efforce aussi d’être pour son compagnon géant la voix de la raison. Ce rongeur futé s’inquiète beaucoup lorsque son ami se met à parler à une fleur de trèfle… Tout ça ne lui dit rien de bon.

         Seth Rogen, auteur et acteur de comédie réputé qui a joué notamment dans EN CLOQUE, MODE D’EMPLOI et SUPERGRAVE, commente : « Morton est sans doute trop susceptible pour accepter l’influence des autres. Il est un poil névrosé et peut-être pas tout à fait maître de lui-même. »

 

La femme du Maire

 

         Tandis que son mari essaie de convaincre les Zous que de grands dangers les menacent, la femme du Maire continue à diriger sa maison dans le calme tout en  veillant sur ses 97 enfants. C’est une femme pondérée et équilibrée, et sa façon de gérer tout cela apparemment sans effort peut surprendre n’importe quel parent. Elle a en tout cas amusé Steve Marino. « Je n’ai que deux enfants, dit-il, et c’est déjà un challenge, alors si j’en avais 97… »

         Amy Poehler, figure familière de « Saturday Night Live », et épouse à la ville de Will Arnett, la voix de Vlad, prête sa voix à la femme du Maire. Steve Martino commente : « Amy joue un personnage sympathique, qui trouve le comportement de son mari un peu inquiétant mais le ramène toujours à la raison avec douceur, compréhension et humour. »

         Amy Poehler déclare : « J’ai joué bien des personnages frappés dans ma carrière, mais Sally est très stable. Elle aide son mari à garder les pieds sur terre avec une grande gentillesse. Elle doit le faire, car c’est elle le vrai chef de cette famille géante. Elle est la première vers qui le Maire se tourne, mais elle se fait du souci pour lui : il est en train de devenir fou à crier partout qu’une catastrophe les menace. »

 

Le Dr Mary Lou Larue

 

         Il y a effectivement quelque chose qui ne va pas à Zouville, et pour confirmer ses soupçons, le Maire va demander son opinion au Dr Mary Lou Larue, scientifique loufoque mais savante. Le Dr Larue a des lunettes de sécurité, des cheveux violets et n’est pas douée pour les relations sociales : tout ce qui compte pour elle, c’est la science.

         Isla Fisher, qui interprète aussi bien des comédies comme SERIAL NOCEURS que des drames comme THE LOOKOUT, explique : « Mary Lou est la seule Zou en dehors du Maire qui comprenne vraiment la signification des brusques changements climatiques de Zouville – ils sont fonction du périlleux voyage de Horton à travers la jungle de Nool. Elle est la première à se montrer convaincue par les mises en garde du Maire. »

         Isla Fisher ajoute : « Je suis particulièrement sensible au message de Horton à propos de l’importance d’une personne, même toute petite : je mesure 1,58 m… »

 

UN FILM COMPLETEMENT « Dr SEUSS »

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         Pour être certains de respecter la vision et la magie de l’univers du Dr Seuss et de ses personnages en transposant ses livres dans un monde en trois dimensions, Jimmy Hayward et Steve Martino se sont rendus à la Bibliothèque Geisel à l’Université de Californie de San Diego. C’est là que se trouvent toutes ses œuvres originales. Les deux réalisateurs ont étudié toutes les illustrations originales de l’auteur, et lu tous ses manuscrits, jusqu’à ses notes et annotations manuscrites.

         Steve Martino explique : « J’ai été impressionné par certaines sculptures que Seuss avait réalisées, qui montraient quelle direction suivre pour transposer ses idées en trois dimensions. Nous avons aussi découvert des références à des couleurs, des formes et des textures que nous avons intégrées au film. »

         Le coréalisateur poursuit : « En étudiant le travail du Dr Seuss pour nous en inspirer, nous avons tendu vers une « exagération seussienne » traduite en langage visuel. Par exemple, lorsqu’il a fallu « brosser » numériquement les cheveux des Zous, nous nous sommes demandés comment le faire « à la Seuss ». Nous plonger dans son univers a vraiment stimulé notre imagination. »

 

         A partir du travail de recherche accompli par Jimmy Hayward et lui-même, Steve Martino a créé un « guide du style » qui a servi de base de départ à la création d’un monde en trois dimensions possédant des textures et une lumière réalistes. Il commente : « Nous pouvions prendre une caméra et explorer en profondeur le monde en 3D que nous avons créé. »

         Le Dr Seuss aimait surprendre ses lecteurs par de petits détails et des dessins originaux. La clé du succès, pour faire vivre son univers à l’écran, était de rendre ces détails et ces dessins amusants et reconnaissables. Les cinéastes ont baptisé cette approche « la logique seussienne ». Le processus consistait à s’assurer que tout objet bizarre, tout engin ou bidule était à la fois correct au point de vue du style et divertissant.

 

Bienvenue à Zouville

 

         Zouville, une cité entière juchée sur un grain de poussière qui a atterri sur une fleur de trèfle, a certains aspects en commun avec notre existence quotidienne : les enfants vont à l’école, les gens travaillent et font leurs courses. Mais un travail à Zouville peut consister à rester allongé sur un canapé toute la journée à manger des bonbons.

         Les moyens de transport, à Zouville, sont aussi fantaisistes qu’efficaces. Les rues de la ville, qui ont plusieurs niveaux, sont pleines de « chaussettomobiles », de rollers sur échasses et de monocycles. Steve Martino commente : « Chaque fois que nous envisagions un moyen de se rendre quelque part, nous voulions qu’il soit le plus intéressant et le plus amusant possible. La chaussettomobile, par exemple, était l’un de nos véhicules préférés. Avec ses quatre jambes et ses chaussettes, c’est un véhicule idéal pour passer devant un hôpital ou une bibliothèque, ou dans toute zone où le silence est d’or… »

         Jimmy Hayward ajoute : « Personnellement, j’aime bien aussi la « dodo-mobile ». Une voiture-lit vous économise beaucoup de fatigue, vous pouvez lire un livre sur le chemin du travail, ou même faire un petit somme supplémentaire… »

         Si ces moyens de transport vous semblent encore trop conventionnels, pourquoi ne pas essayer le lance-pierre géant de Jo-Jo ? D’abord, on s’assoit sur un monocycle relié au système de propulsion, puis on pédale à reculons. Au moment même où l’on croit qu’on va être précipité dans un mur, on attrape un levier, on le tire en arrière, et le tout bascule : le lance-pierre vous projette droit en l’air, et vous n’avez plus qu’à aborder tranquillement l’escalier qui se trouve à l’apogée de votre fulgurante ascension verticale…

        

En matière de divertissement, pourquoi ne pas jouer au tennis ? Là encore, imagination et amusement ont été les mots d’ordre. Jimmy Hayward explique : « Le Dr Seuss ne suit jamais une ligne droite pour aller d’un point A à un point B. Nous avons donc pensé qu’un court de tennis chez les Zous suivrait la même règle. Il y a deux niveaux et des escaliers pour aller de l’un à l’autre… »

 

         La gravité n’est pas vraiment un problème à Zouville. D’étroits escaliers sans rampe grimpent vers le ciel, et les Zous se promènent tout au bord de hauts gratte-ciel. Hayward souligne : « Il n’y a aucune raison de se blesser à Zouville. Se blesser n’est pas rigolo… »

 

         Même lorsque Jimmy Hayward, Steve Martino et leur équipe élaboraient des créations originales, ils voulaient que le public ait l’impression de voir quelque chose qui appartienne au monde du Dr Seuss. Martino commente : « Nous avons recherché une authenticité qui corresponde aux livres du Dr Seuss, aux souvenirs que les gens en gardent. Les Zous tels qu’ils ont été créés par Seuss ressemblaient un peu à des insectes avec des têtes toutes rondes. Pour rendre les personnages plus expressifs, nous les avons un peu modifiés. Ils présentent ainsi une plus grande mobilité des traits du visage et du front. »

 

Nool, c’est cool

 

         Pour la jungle de Nool, très simple dans les livres, les cinéastes ont dû faire travailler leur imagination en partant des éléments posés par Seuss. Le directeur artistique Thomas Cardone explique : « Seuss a laissé de grands espaces en blanc pour le texte et quelques dessins. En fait, il n’a pas vraiment créé de jungle. Il a fallu qu’on crée la nôtre. »

         Jamais on n’avait vu de jungle comme celle de Nool, avec ses énormes feuilles ondulantes, ses buissons bleus en volutes, ses hauts palmiers surmontés de feuillage en toupets comme des cheveux… Steve Martino explique : « Il a fallu littéralement créer cet espace vierge. Nous avons commencé par utiliser la palette de couleurs de Seuss, inhabituelle pour une jungle : des bleus, des rouges, des plantes à fourrure… On est bien loin du vert luxuriant qu’on associe habituellement à l’idée de jungle : à Nool, chaque feuille a « un parfum Seuss », comme des courbes asymétriques, des petits dessins dans les nervures… »

         Thomas Cardone ajoute : « Si vous regardez un arbre chez Seuss, il a toujours un certain aspect sous un angle, et un autre quand on change de point de vue… »

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UN MONDE AU POIL

 

         A Zouville, la fourrure est plus que tendance, c’est carrément une mode en soi. Le moindre vêtement est fait de fourrure. La géométrie structurelle d’un Zou consiste en ce que le département fourrures de Blue Sky appelle « une cacahuète » - un Zou nu a vaguement cette forme - avec un costume, une veste, une chemise ou une robe de fourrure.

         L’idée de fourrure comme une façon d’être vient tout droit du Dr Seuss. Jimmy Hayward explique : « Il avait représenté la fourrure de façon merveilleuse dans ses livres. Je me souviens d’un de ses dessins dans « Horton Hears a Who ! » qui montrait un Zou portant une chemise en fourrure. Ce personnage m’a profondément marqué, peut-être parce que je m’appelle Hayward et qu’il y avait un H sur sa chemise ! »

         Steve Martino commente : « Les Zous vont chez le coiffeur et se font tailler un nouveau costume. La mode est aux mèches, aux cols roulés et aux grands cols. »

 

         Tout vêtement, qu’il soit de haute couture ou plus fonctionnel, sort de chez un coiffeur de Zouville – et de chez les équipes créatrices des studios Blue Sky chargées des fourrures, chevelures et autres coiffures. Les fourrures et poils ont été créés par une technologie déposée Blue Sky qui repose sur le moteur de rendu en Raytracing (ou lancé de rayons) CGI Studio. Ce moteur de rendu, le plus rapide et le plus avancé de ce type, a permis aux cinéastes de manipuler les fourrures et les environnements comme s’ils travaillaient avec une lumière réelle sur un vrai plateau. Avec cette technologie, les éléments se comportent comme ils le feraient dans le monde réel. Le rendu des surfaces est tel qu’on a l’impression de pouvoir les toucher…

         Le moteur de rendu a également permis de créer les importantes foules et scènes de groupe comportant des milliers de personnages à fourrure.

         Une autre gageure technique pour l’équipe recherche et développement a été la création d’un champ d’un demi-milliard de fleurs de trèfle pour une scène clé du film. Après s’être emparé de la précieuse fleur de trèfle sur laquelle se trouvent les Zous, Vlad la lâche au-dessus d’un champ comportant 500 millions de fleurs semblables… Elles s’étendent aussi loin que porte la vue. Horton va examiner les fleurs une par une, se frayant un chemin dans l’immensité fleurie. C’est l’histoire de l’aiguille dans une meule de foin, en pire…

         Cette scène est un tournant dans le livre. Jimmy Hayward commente : « C’est un moment formidable dans le livre lorsque Horton s’élance et s’écrie « Non ! » alors que la fleur de trèfle sur laquelle est posé le grain de poussière tombe vers la mer de trèfles… »

         Comme des millions de lecteurs, Jimmy Hayward a fébrilement tourné la page pour découvrir la suite de l’histoire… Il se souvient encore de ce moment des années plus tard. Et il a replongé dans ce souvenir lorsqu’il a fallu créer la scène du film. « Au moment où Horton réalise ce qui se passe, nous avons déplacé la caméra tout autour de lui pour révéler l’immensité du champ, de gauche à droite, exactement comme on tourne une page. Cela nous a paru le moyen idéal de représenter cet instant crucial. »

         L’équipe recherche et développement de Blue Sky a aussi intégré au moteur de rendu un algorithme déposé qui permet aux cinéastes de représenter le vent soufflant dans le champ de fleurs, exactement comme le vent fait onduler un champ de blé au Kansas. Steve Martino, qui est originaire du Midwest, est particulièrement fier de cet effet.

         Le trèfle « héros », celui qui abrite Zouville, comprend un million de poils. Pour la scène du champ, les trèfles les plus proches de la caméra avaient le même nombre de poils ou un nombre approchant. Les « figurants » et les « seconds rôles » en comptaient environ 50 000.

 

LE MOUVEMENT COMME JAMAIS

 

         Pour capter pleinement l’émerveillement et la fantaisie du Dr Seuss, les créateurs de HORTON ont poussé l’animation et l’articulation des personnages bien au-delà des lois de la physique. Ils ont utilisé le « squash-and-stretch », une technique qui fait faire à Horton et au Maire des mouvements étirés et déformés à l’extrême. Dans l’animation traditionnelle 2D, le squash-and-stretch donne aux personnages de l’élasticité et du mouvement. Mais Jimmy Hayward, Steve Martino et les artistes, animateurs et techniciens de chez Blue Sky ont porté cette technique un cran plus loin.

         La scène qui en est sans doute le meilleur exemple est celle où Horton, son trèfle à la trompe, tente de traverser une longue passerelle qui surplombe une profonde gorge. Au même moment, le Maire va chez le dentiste, et celui-ci s’apprête à utiliser sur lui une seringue hypodermique géante. Jimmy Hayward et Steve Martino ont entremêlé les situations parallèles où chacun des deux protagonistes est « en danger ». Le résultat est une scène à la construction complexe et précise dans les relations de cause à effet. Chaque geste ou pas maladroit de Horton a une réaction égale – tout aussi folle – chez le Maire.

         Dans cette séquence, les cinéastes ont utilisé le squash-and-stretch lorsque Horton gonfle sa trompe comme un ballon. Eternel optimiste, cet éléphant de cinq tonnes pense que l’air étant « plus léger » que n’importe quoi d’autre, il pourra ainsi flotter au-dessus du pont… Inutile de dire qu’il va être déçu.

Tandis que Horton et sa trompe-ballon continuent à trébucher de latte de bois en latte de bois, le pont s’effritant sous lui à chaque pas, la seringue hypodermique du dentiste atterrit dans le bras du Maire au lieu de sa bouche. Là encore, les animateurs ont repoussé les frontières de l’animation à l’extrême, étirant le bras du Maire qui finit par faire dix mètres de long… Alors que le Maire s’enfuit du cabinet dentaire, son bras tout mou heurte accidentellement plusieurs personnes…

         Jimmy Hayward explique : « C’est Jim Carrey qui a eu l’idée de cette situation. Il s’est demandé « Si un éléphant était en train de porter le monde sur un grain de poussière, quel serait le pire endroit où se trouver ? » Il a très vite pensé au dentiste… avec une seringue anesthésiante ! »

 

         Les animateurs ont également utilisé le squash-and-stretch pour un « effet de traînée », lorsque par exemple la jambe d’un personnage bouge tellement rapidement qu’elle semble devenir floue et se multiplier…

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UN ELEPHANT, ÇA ECOUTE ENORMEMENT

 

         L’ouïe joue un rôle clé dans l’histoire, ce n’est donc pas étonnant que le son et la musique soient aussi importants dans HORTON. Jimmy Hayward explique : « Le concept central du film est que les deux personnages principaux ne se rencontrent jamais ; ils ne peuvent que s’entendre l’un l’autre. Chacun doit croire ce qu’il entend. Et ça, c’est une idée de départ fantastique en termes de son ! »

         L’alliance complexe de musique et de son est le résultat du travail de l’ingénieur du son Randy Thom (LES INDESTRUCTIBLES, L’ETOFFE DES HEROS, LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE, RATATOUILLE) et du compositeur John Powell (SHREK, HAPPY FEET, L’AGE DE GLACE 2 et LA MEMOIRE DANS LA PEAU et ses suites).

         Thom et Powell ont commencé à travailler ensemble inhabituellement tôt dans le processus de création du film. Randy Thom se souvient : « John et moi avons eu plusieurs réunions de création plus d’un an avant la sortie du film. Nous étions tous conscients que HORTON serait un vrai terrain de jeu en matière de design sonore. C’est un plaisir rare de pouvoir travailler sur le son avec un compositeur, et John et moi avons fait en sorte de marier nos deux domaines aussi étroitement que possible. »

         Randy Thom a décidé d’ouvrir les oreilles des spectateurs à des perceptions du son différentes. Le premier contact entre Horton et le Maire implique des transitions sonores complexes. Tandis que le grain de poussière vole dans les airs, on voit les Zous hurler à l’aide. Les cinéastes font des allers-retours entre le point de vue de Horton, dont les oreilles très développées décèlent les sons ténus des voix venues du grain de poussière – et celui de Zouville, où l’on entend les hurlements des Zous.

         Cherchant à prendre contact avec ce qui se trouve sur le grain de poussière, Horton crie « Allô ». On suit alors le son dans son voyage vers le grain de poussière, tel un vaisseau spatial volant vers la Terre. Il atteint la fleur, traverse une couche de nuages, disparaît dans un entonnoir géant, puis suit un labyrinthe de tuyaux jusqu’à émerger à l’oreille du Maire.

         Au fur et à mesure que la voix accomplit son périple dans l’atmosphère, Randy Thom l’a modulée de différentes façons, modifiant sa tonalité et créant ce qu’il appelle un « son gazouillant » qui accompagne les images du son voyageur. Lorsque le son passe par les tuyaux, Thom a ajouté des « clings » et des « clangs » sonores et métalliques. 

         Le son est vraiment en vedette pour la scène épique dans laquelle tous les Zous se rassemblent et utilisent tout ce qui leur tombe sous la main pour faire le plus de bruit possible en espérant qu’on les entende – c’est le seul moyen pour eux d’échapper à un terrible sort. Ils crient à l’unisson « Nous sommes là ! ». Ils vont trouver une aide inattendue en la personne de Jo-Jo, le fils du Maire, qui va leur prêter main-forte avec son Symphoniphone, un merveilleux instrument de musique qu’il a créé à partir d’objets disparates qui n’ont rien de musical.

          Audrey Geisel, l’épouse du créateur disparu de cet univers magique, conclut : « En voyant HORTON, le Dr Seuss se serait certainement dit que Horton est si grand et son cœur si immense qu’il est normal que ce film soit une grande réussite ! »

        

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